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Ecrit de Gaby DALMAU née
GUINCHARD le 19.2.1946 à Quingey
Site internet :
http://perso.orange.fr/quingey-dalmau/
Causerie Cessoyse du 13 avril
2007
(Organisé par le comité
des fêtes de Cessey)

Photo fin du 19ème siècle
prise au "Dauphiné"
Félix SAUTEREY et
Célestine née FIAT
Louis SAUTEREY
(épouse MOUREY Gustave)
Félicien PHILIPPE
(Petit de fils de Félix et
Célestine)
(Photo aimablement fournie
par Monsieur Bernard MOUREY de Saint-Renaubert
Causerie Cessoyse du 13
avril 2007
1
- Préhistoire,
2
- Période celtique,
3
- Période romaine, les Séquanais/Eduens/Suèvres/Helvètes/Jules-César
-51
4
- Chierlieu (1462) un seul feu,
antérieurement 18
5
- XIVe Siècle, Mahault
6
- La vigne à Cessey de 1442 à 1980
7
- 1460 Procès
(Dominicain/particuliers Cessey)
8
- Le 12 octobre 1580 reconnaissances
des droits seigneuriaux
9
- 1586 défrichage pour "réduire en
terres labourables"
10
-1598 Les trois tarifs du curé de
Quingey
11
-1622 trente soldats logés à Cessey
12
- Situation de la Franche-Comté au
XVIe siècle
13
- La guerre de dix ans en
Franche-comté (1635-1644)
14
- Conséquences de la guerre de dix
ans
15
- Guerre de 10 ans, réduction de
l'impôt
16
- XVIIIe siècle Le pâtre, le recteur
de l'école, l'agent de Cessey démis de ses
fonctions,
17
- Le pain du XVIe au XVIII
18
- L'eau de 1749 à nos jours
19
- La chapelle de Cessey
20
- Un four à chaux au lieudit "au
Recud"
21
- La mairie-fromagerie-école
22
- Les guerres : 1870, 1914-1918,
1939-1945
23
- La démographie à travers les
siècles
24
- Toponymie
25
– Bibliographie
26
– Le XXème siècle évoqué par Robert
GUINET de Cessey,
Gaby DALMAU et Roland ONCET de
Quingey, souvenirs
·
Récit
·
Un
menu de mariage du 2.5.1914 !
·
Recencements nominatifs au lendemain de la guerre de
30 ans
·
Immigration savoyarde Cessey et Bois de Cessey avant
1789
·
Recencements officiels de Cessey 1801 à 1999
·
Evocation des combats de janvier 1871 au Mont-Gardot
(Chouzelot)
·
1914
- 1918
·
Les
résistants dans la guerre de 39.45
·
Généralités
·
Le
peintre GASSOWSKI a peint l’abreuvoir de Cessey au
XIXème
·
Liste
des curés de Quingey
·
Liste
des notaires de Quingey
·
L’hospice Dornier de Quingey et les Sœurs de la
Charité
·
Remerciements
·
La
cancoillote en patois
·
Nos
ancêtres : poème
C’est avec une certaine émotion que je me suis rendue le
11 mars 2007 au domicile de Robert GUINET 27 grande Rue
à CESSEY. Je savais en effet, que j’allais rencontrer
une « vieille figure » de Cessey comme on dit, ou un «
ancien ». Mon but : recueillir des souvenirs, des
émotions, évoquer la vie d’autrefois à Cessey, cette vie
que les habitant(e)s d’aujourd’hui n’ont pas connue et
ont souhaité découvrir afin de se sentir encore plus
Cessoises et Cessois, une très belle démarche pour se
créer des racines lorsqu’on n’est pas « du pays » mais
qu’on a envie de l’adopter et de s’y sentir bien chez
soi.
Et Robert, casquette à petits carreaux sur la tête, a
totalement répondu à mon attente, dans cette petite
salle à manger / chambre à coucher de son ancienne
ferme, à laquelle on accède par la cuisine, les 2 pièces
au plafond bas étant séparées par une porte en bois avec
« ticklet » qui me rappelle mon enfance. Toute notre
conversation sera bercée par le va et vient du balancier
de la pendule comtoise et les sonneries de quart d’heure
en quart d’heure.
Robert est né le 10 janvier 1928 à Chouzelot. Il s’est
marié le 18.07.1953 à CESSEY à Louise PASTEUR née le
10.2.1921 à CESSEY, épouse hélas bien trop tôt décédée
le 24.7.1973.
Robert s’est installé à Cessey en 1950 pour exploiter
une ferme : culture, élevage, vaches laitières. Il
fabriquait lui-même son beurre qu’il descendait vendre à
Quingey, entre autres à ma grand-mère (Gabrielle
GUINCHARD), épicière jusqu’en 1958, Rue des Salines en
face de la quincaillerie Dody. Robert et son épouse ont
eu 6 enfants : une fille née en 1954, un garçon né en
1955, une fille née en 1956 et …………………….des triplés, 3
garçons, nés en 1964, un sacré évènement dans le coin !
La vie était certes dure, les journées très longues, les
nuits très courtes en particulier au moment des
moissons, mais cette vie, même si les conflits et les
histoires de village étaient parfois rudes, elle était
riche d’une valeur trop souvent disparue aujourd’hui :
la communication, la transmission du savoir et de la
mémoire, qui se faisaient tout naturellement au cours
des veillées, ou en rentrant les bêtes le soir, ou assis
sur le banc devant la maison. Tout le monde était à
pied, pas de télévision, on discutait.
Difficile à faire aujourd’hui avec un nombre
incalculable de voitures qui passent à toute allure dans
la rue principale, cette rue qui, jusque dans les années
1965 était un « cul de sac ». En effet, l’accès aux
Champs du Fourneau ne pouvait se faire qu’à travers
champs, par un sentier qui s’est transformé en chemin
caillouteux, en tout état de cause praticable uniquement
à pied ou à la rigueur en vélo.
Ma grand-mère (1893-1973) disait : « Cessey c’est le
dernier village du monde parce que le bon Dieu a dit :
après Cessey, c’est assez ». Différentes « formules » de
ce dicton existent qui ont toutes la même signification.
Pour dire si en 40/50 ans, les choses ont bien changé !
Un autre jeu de mots avec 3 villages du canton m’est
donné par Robert : « Cessey le Fourg By ».
Pour en rester un peu aux années 50/60, je rappelle
souvent que mon oncle de Grenoble qui venait avec son
épouse et mes cousins, depuis Grenoble en voiture ( !),
nous emmenait mes frères et moi faire un tour de
voiture, récompense suprême, sur la RN83 en direction de
Besançon. Il s’arrêtait au bord de la RN à peu près en
face de Cessey et on passait un moment à jouer au bord
de la route…………………..Comme on jouait dans la rue des
Salines à Quingey au ballon, aux patins à roulettes, à
la corde à sauter etc…….Difficile à imaginer n’est-ce
pas les jeunes ???? Même à Cessey ce n’est plus
imaginable !
Le père de Roland Poncet né en 1898 et qui était Cessois,
a vu passer sa première automobile en 1903. Il s’était
alors écrié : « mais elle va vite, et elle roule « sans
» chevaux !!!! ».
C’est en 1965 que le groupe scolaire Charles Belle a
ouvert ses portes à Quingey et que Cessey a perdu son
école, malgré la forte mobilisation des gens de Cessey
qui avaient proposé d’adopter des enfants de
l’assistance publique pour empêcher la fermeture de
l’école. Rien n’y a fait. Avec le recul et ce que l’on
sait aujourd’hui de la pollution engendrée entre autres,
par les véhicules, on peut se poser certaines questions
quant aux transports scolaires dans le cadre de la
protection de l’environnement et de la fatigue imposée
aux enfants !!!!! Trop tard hélas !!!!!
C’est aux environs de 1970/75 que la route a été ouverte
et goudronnée pour mener aux Champs du fourneau. Ca a
été le début de ventes de prairies en terrains à bâtir,
en particulier par Jean GRANGEOT des Champs du fourneau.
Cessey n’ayant ni église ni cimetière, le village fait
partie de la paroisse de Quingey avec Quingey, Lavans,
Pessans, Chouzelot. L’histoire de l’église et des
cimetières de Quingey est donc également celle de Cessey,
les livrets écrits sur ces deux sujets donnent de
nombreux et précieux renseignements que je vous
proposerai de parcourir ensemble tout à l’heure.
Robert me rappelle que la superbe statue de Sainte
Thérèse auréolée de roses qui était dans l’église de
Quingey, statue actuellement en « quarantaine » dans une
armoire de la sacristie, avait été offerte par la
famille SAUTEREY de Saint Renobert (belle famille de
Robert et famille de Bernard Mourey de Saint Renobert).
Robert me rappelle également que Cessey avait une
chapelle dont il serait intéressant de retrouver une
photo ou une gravure. Elle se trouvait à peu près en
face de chez Madame et Monsieur Barnéoud à la place de
la cour de Claude Nélaton.
Les maisons les plus anciennes de Cessey sont « les dauphinés » (3 maisons mitoyennes route du dauphiné :
familles Lyautey, Touraisin Georges et Léon, Paul Fiat),
et certaines fermes anciennes de la rue principale :
Guinet, Chevènement, Barnéoud……….
Au bord de la Loue, deux lieux-dits étaient habités
autrefois : « aux baraques » (Maurice Léon PASTEUR né en
1883, le beau-père de Robert, et son épouse vivaient de
la pêche), et « les chivry » en remontant sur Chenecey.
Mais en fait, le lieu-dit le plus important de Cessey,
si on peut l’appeler un lieu-dit, est : CHIERLIEUX. CHIERLIEUX (je trouve ce nom très attirant : « cher lieu
» : on peut imaginer qu’on était attiré pour y vivre),
qui possédait un four féodal et qui se trouve dans le
secteur de la ferme des routes, est l’endroit où se
situait l’ancien village de Cessey qui appartenait à une
chatelaine (vraisemblablement la Comtesse MAHAUT).
Celle-ci a donné des terrains et des bois à Pessans et
Lavans de chaque côté de la route de Courcelles, qui
leur appartiennent toujours. Après (sauf erreur ou
omission), le passage des suédois qui ont pillé,
détruit, réduit en cendres Chierlieux au moment de la
guerre de 10 ans (1654…), les survivants ont rejoint
Cessey afin de se rapprocher de la Loue, Chierlieux n’a
pas été reconstruit.
La ferme des routes est un hameau rattaché à Quingey. Ce
sont des savoyards qui s’y sont installés au moment de
l’immigration savoyarde (voir feuille annexe). La
famille la plus connue de la ferme des routes était les
Chatelain. Deux frères se sont battus au sujet du chemin
en face de la route de Cessey, l’un ne voulant pas que
l’autre l’emprunte……….En fait, le chemin d’origine
débouche sur la route de Courcelles un peu plus haut.
Autre hameau en allant à Courcelles : les fermes de
Battant : il dépend de Palantine. Autrefois (années
?????) un consul suisse du nom de Coeurdevey y
séjournait. Je n’ai pas pu retrouver l’époque,
l’histoire, pourquoi « battant », quel rapport avec le
quartier « battant » de Besançon s’il y en a un etc…….La
mairie de Palantine n’a aucune archive, ne connaît pas
l’histoire de ce hameau, il faudrait aller aux archives
départementales.
Comme on le pense, à juste titre d’ailleurs, l’activité
principale de Cessey a été de tout temps l’agriculture.
Il reste aujourd’hui un seul exploitant agricole à
Cessey. Des agriculteurs de Chouzelot et Courcelles
exploitent certaines terres.
Cessey est un village superbe, avec un panorama
exceptionnel, où il fait bon vivre, mais c’est ce qu’on
appelle aujourd’hui un « village dortoir » habité par
des retraités ou des actifs mais qui partent le matin et
rentrent le soir. Cela dit, il est toujours possible de
réveiller un village qui dort, le week-end, les jours
fériés, le soir, par de nombreuses animations et
activités de toutes sortes, cette soirée en est la
preuve.
Activité principale l’agriculture certes, mais qui
aurait pu soupçonner que 2 autres très grosses activités
ont fait vivre des familles de Cessey jusqu’au début du
20ème siècle pour la première, jusqu’après la guerre de
39/45 pour la seconde :
Tout d’abord : la vigne (et les vergers)
Tous les coteaux du haut de Cessey étaient couverts de
vigne, de même les coteaux à droite de la route de
Courcelles. Hélas, mille fois hélas, comme dans de très
nombreuses régions de France, le phylloxéra au début du
20ème siècle a fait les ravages que l’on connaît et la
vigne n’a pu être replantée, tout du moins à l’échelle
de ce qu’elle était. Déjà en 1915, des orages de grêle
épouvantables avaient tout détruit (dixit Héloïse BAILLY
née en 1895 – épouse CLERC puis FIAT).
Les murets en pierres dont il reste des vestiges dans
certains champs, étaient construits par les anciens pour
délimiter les propriétés (les pierres provenaient du «
dérochage » des champs).
Et ensuite : la pêche.
De nombreuses familles de Cessey (par exemple les Fiat,
les Poncet, les Pasteur etc….), avaient comme activité
principale la pêche dans la Loue et ils partaient, à
pied, vendre leur poisson au marché de Besançon. Les
femmes portaient un panier plein de poisson sur la tête
comme l’ont raconté à Roland Poncet, son grand-père né
en 1856 et sa grand-mère née en 1877. Ils traversaient
la Loue avec leur pêche, chargeaient les poissons sur
des charrettes qui attendaient sur la route de Besançon
en face de Cessey, et en route pour la ville !!!! Les
charrettes étaient celles entre autres, du grand-père et
de l’arrière-grand-père de Robert : Jean-Baptiste Guinet
1816-1891, Mathias Guinet 1866-1943, tous deux de
Chouzelot.
L’activité a cessé pendant la guerre de 39.45 et a
repris après la guerre : Paul Guinet et Claude Prillard
de Chouzelot étaient, eux, motorisés : ils emmenaient le
poisson en moto !
Il y a eu une laiterie et une porcherie à Cessey
exploitées par Monsieur Yvon Pricaz dont l’épouse
Lucienne, tenait la crèmerie qui se trouvait au coin de
la rue de l’école et de la grande rue à Quingey.
(1957-1990) – Yvon malheureusement décédé, et Lucienne
qui habite toujours Quingey, étaient des « émigrés » de
………………… Liesle !
Quelques habitants de Cessey ont travaillé à l’usine de
Quingey.
Comment étaient « ravitaillés » les gens de Cessey
autrefois ?
Avant tout, rappelons que les personnes vivaient en
grande partie en autarcie : produits de la ferme et du
jardin, des vergers etc…. qui étaient transformés,
conservés, gardés dans les greniers qui fleuraient bon
les pommes, les noix, les noisettes, les poires…….. Les
femmes cousaient, tricotaient, crochetaient : les
vêtements, les rideaux, les nappes etc…
Pour le reste, comme partout, il y avait d’une part les
colporteurs.
Par ailleurs, des commerçants appelés aussi négociants,
de Quingey, faisaient des tournées, tournées tout
d’abord avec une charrette tirée par des chevaux (les
PIDON, les MONANGES, de Quingey par exemple, de la
famille de ma grand-mère qui a participé à ces
tournées), puis avec les camions comme ceux des 4 fils
DODY de Quingey : quincaillerie, chaussures, confection
etc……
J’ai fait les tournées avec Maurice DODY, j’en garde des
souvenirs merveilleux : assise avec ma cousine sur le
moteur à l’intérieur de la cabine avec des bassines, des
casseroles etc…. qui envahissaient tout l’espace. On
s’arrêtait le midi le long d’un champ pour manger avec
les agriculteurs. Car Maurice comme ses frères, allait
trouver les cultivateurs là où ils étaient, et les dames
venaient lui acheter ce dont elles avaient besoin, « au
cul du camion ». Tout le monde se connaissait,
partageait les joies et les peines.
Mon arrière grand-père Stanislas DODY (1858-1939), était
cordonnier à Quingey (original pour un homme qui était
arrivé pieds-nus à l’âge de 20 ans à Quingey, depuis
Echay). Lui aussi faisait des tournées : il partait
régulièrement de grand matin, à pied, avec les godillots
réparés autour du cou et il rentrait le soir avec les
godillots, à réparer, autour du cou. Ma grand-mère (sa
fille) me racontait qu’il faisait des tournées de plus
de 50 kms parfois : Quingey, Cessey, Courcelles, Goux,
Palantine, Echay, Myon etc…….C’est lui aussi qui a fait
amener la première moissonneuse-batteuse à Quingey, il a
failli se faire lyncher !!!
Et en ce temps là, on savait aussi marcher pour faire la
fête : une fois par an, c’était la fête du village à
date fixe bien précise (par exemple, à Quingey, la Saint
Martin en novembre et surtout la fête d’été le dernier
dimanche d’août). Les familles se recevaient à tour de
rôle et il n’était pas rare de se retrouver des tablées
de 30/40 personnes, c’était un évènement. Et pour
participer à la fête, tout le monde partait à pied de
grand matin pour se retrouver au village concerné.
Mon oncle Jean GUINCHARD né en 1920 à Quingey et qui vit
à Grenoble, me rappelle par ailleurs, que les
différentes familles de « même origine », se recevaient
pour fêter le chef de famille, lors de la « fête du nom
» : Saint Marcel, Saint Louis, Saint Juste etc….
A Cessey, il n’y avait pas de fête du village proprement
dite dans l’année mais par contre, il était de coutume
de dire que la fête, c’était le jour de foire à Quingey
(1er lundi de chaque mois). Les gens de Cessey
descendaient alors à Quingey et faisaient la foire un
peu dans tous les sens du terme, nombreux étaient ceux
qui remontaient un peu « pompette ». Il y avait alors à
Quingey non seulement la foire aux bestiaux sur le
terrain de football actuel, mais il y avait également
des étales de toute sorte etc…..sur la place et à la
halle (devant la tour où est né Calixte II).
Intéressant à savoir également : des chanteurs de rue
passaient régulièrement dans les villages (les nouveaux
troubadours en quelque sorte). Ils chantaient et
faisaient chanter sur les places, et vendaient les
partitions des chansons. Je dirais que ça a duré jusqu’à
la veille de la guerre de 39.45 puisque ma grand-mère
avait des partitions entre autres, de Tino Rossi, de
Luis Mariano ; elle avait le fameux « temps des cerises
» etc…
Sans voiture, sans téléphone, sans internet etc…., tout
le monde se connaissait, se fréquentait, tout le monde
participait aux grandes joies et aux grandes peines de
tout le monde. Les mariages (comme les enterrements
d’ailleurs), donnaient lieu à de véritables festivités
parfois sur plusieurs jours.
Les menus étaient copieux, pour preuve, celui du mariage
de ma grand-mère (document joint) le 2.5.1914 !!!!
En conclusion, je dirais qu’il ne faut pas se prendre à
rêver d’une vie d’autrefois qu’on pourrait penser
idyllique, ce n’est pas le cas. La vie était dure, la
mortalité infantile et des adultes importante, les
médicaments pour les pathologies lourdes n’existaient
pas, les fléaux étaient nombreux et réguliers, les
famines, les guerres etc…..etc….
Par contre, oui, on peut regretter qu’aujourd’hui, au
21ème siècle, avec les moyens de locomotion les plus
modernes, le téléphone, les portables, internet, l’électro-ménager
qui soulage de travaux lourds, les médias radio et
télévision qui informent de tout à tout instant, on
n’ait plus le temps de se voir, de parler, de
transmettre, d’échanger, d’ouvrir des albums photos et
de se souvenir.
Mais cependant, la majorité des personnes répond
présente pour se mobiliser autour de grandes causes ;
une prise de conscience importante se fait autour de la
sauvegarde de la planète ; la généalogie, donc un besoin
de retrouver ses racines connaît un succès énorme et se
développe à vitesse grand « V » ; alors, il suffit
peut-être de bousculer un peu les choses pour trouver un
juste milieu entre avant et maintenant ?
Les grandes familles de Cessey : NELATON – MARSOUDET
(arrivés en 1921) – BAILLY – PASTEUR – FIAT – GRANGEOT –
COMPAGNON
NB : Il y a eu de nombreux mariages entre jeunes gens de
Chouzelot et Cessey. Une personne de Chouzelot, férue de
généalogie, a tous les arbres des grandes familles de
Chouzelot, Cessey, Quingey etc…
Les maires de Cessey : (sauf erreur ou omission d’après
la mémoire de Robert)
Avant la guerre de 39.45 :
VAUTHIER
PONCET (père de Suzanne)
Pendant et après la guerre :
Léon Maurice PASTEUR
MUSSELIN : avait tout mis en route pour que l’eau
courante arrive sur les éviers dans les maisons de
Cessey à partir d’une source dans laquelle il aurait été
possible de puiser. Mais il n’a pas été suivi. MUSSELIN
était le père de Gilberte FRENEY de Quingey. Dans
l’ancien cimetière Sainte Anne Route de Cessey à Quingey,
relevé dans les années 1955, il y avait toute une rangée
de tombes portant le patronyme de MUSSELIN de Cessey.
Maurice NELATON (1940) A acheté un terrain à Chouzelot
pour amener l’eau mais il n’y a pas eu de suite.
Victor CHEVALIER
René SAGE
Hubert MARSOUDET
Claude MARSOUDET
L’eau n’est arrivée à Cessey qu’en 1976 (citernes) pour
l’ancien village, en 1978 pour les champs du fourneau.
Le château d’eau se trouve aujourd’hui au lieu-dit « sur
le mont » = Haute Loue.
La source du dauphiné passe sur la route qui mène aux
Champs du Fourneau, elle coule toujours mais moins
depuis qu’elle a été déviée lorsque les câbles de
téléphone ont été posés.
Après les inondations catastrophiques de 1953 (rappelons
que les autorités ont été à deux doigts de faire sauter
le pont de Quingey !), il avait été question de réaliser
un barrage à la hauteur de « l’île Madame » en montant
sur Chenecey. L’eau retenue aurait été rejetée dans le
Doubs par une percée des « grandes pierres », le Doubs
montant après la Loue lors de crues. Projet fort
heureusement abandonné !
A replacer dans le contexte de l’époque :
Pendant des décennies, Cessey a été le village le « plus
rouge » du canton. Votait communiste à 99 %.
Population de Cessey :
Population de Cessey au lendemain de la guerre de 30
ans, baillage de Quingey : recensements nominatifs 1654,
1657, 1666 Ouvrage de Monsieur François LASSUS Ingénieur
à l’Université de Besançon :
13 ménages, 61 personnes
Sur la déclaration de Denis PONCET, prud’homme
Denis PONCET prud’homme sa femme 3 enfants
Jean TOUTEM sa femme 4 enfants
Anathoile ARGUEL sa femme 4 enfants
Redmond THORASIN sa femme 4 enfants 1 valet (venant de
savoie)
Jean CLERE sa femme 1 enfant
Clériard NELATON sa femme 2 enfants
Georges CHAVOZ d’Echay résidant à Cessey sa femme 1
enfant
Simon PONCET sa femme 5 enfants
Demoiselle Catherine VIGOUREUX veuve de Nicolas NELATON
2 filles 2 neveux
Antoine – de France – résidant à Cessey sa femme
Jacques PIDAN de Savoie résidant à Cessey sa femme 3
enfants
Renobert BOUGELU sa femme
Jean NELATON dit ROUMIER sa femme 4 enfants
|
Immigration savoyarde CESSEY et BOIS DE CESSEY avant
1789
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D’après les recherches du Général J.M.FOURNIER publiées
par la Société d’Emulation du Doubs en 1959 (conférence
du 30.5.1959). Voir le site de demolyremy@wanadoo.fr
Le Général Fernand Marcel FOURNIER a présidé la Société
d’Emulation Du Doubs, Hôtel des Sociétés Savantes 20 Rue
Chifflet 25000 BESANCON de 1961 à 1963.
1717 BUTTET Jeanne (épouse de JANNIN François) venant de
St-Jean-d’Aulph
1678 GAILLARD Jacobus venant de ?
1680 GRIBOT Claudius venant de Cruseilles
1717 JANNIN François (mari de BUTTET Jeanne) venant de
Cecillon
16 ? LOMBART Charlotte venant de ?
(épouse de PIDON Pierre, peut-être savoyard)
16 ? PIDON Pierre (mari de LOMBARD Charlotte) venant de
?
1700 REGARD Geneviève venant de ?
1698 ROGUET Claude (mari de GUYET-JACQUET) venant de
Pers
1720 VAUTHIER Jean François venant de ?
Pourquoi une immigration savoyarde vers la Franche-Comté
? Suite à un appel lancé sur internet sur le réseau de
généalogistes amateurs « racines », ci-dessous deux
réponses intéressantes :
Il semblerait que de nombreux Comtois se soient exilés
vers la Savoie et la Suisse au moment de la guerre de
Dix Ans. Une fois les événements calmés et les Suédois
rentrés chez eux, ils seraient tout simplement rentrés
au pays, mais pas tous... Ce qui expliquerait le nombre
de patronymes communs entre la Savoie et le
Franche-Comté. Jean Pierre LAMBERT
lambertjp769@orange.fr
Je viens de lire dans le livre de Rolland Mallinjoud «
un nom savoyard » le chapitre suivant :
« On peut s’interroger sur le motif exact du départ de
Magdelon (Mallinjoud) que l’on est tenté d’attribuer à
priori à sa crainte d’avoir affaire à la justice.
Toutefois, à l’époque des faits (1679-1682), la Savoie
était en plein marasme économique et la Franche-Comté,
qui ne s’était pas encore complètement relevée des
horreurs de la guerre des Dix ans (1635-1644) était un
pays d’immigration. De tous temps, les relations entre
les deux pays avaient été nombreuses, notamment par le «
chemin des Espagnols » qu’empruntaient les troupes du
Milanais pour gagner les Pays- bas. Pendant la guerre
beaucoup de Franc Comtois avaient été accueillis en
Savoie aussi, en retour beaucoup de Savoyards attirés
par les avantages consentis décidèrent de partir pour ce
pays »
Jc.bourgeois@free.fr
Recensements officiels de Cessey (document aimablement
remis par Monsieur DEVILLARD)
1801 311 habitants
1803 303
1806 310
1810 322
1820 306
1826 325
1831 361
1836 366
1841 354
1846 318
1851 296
1856 275
1861 257
1866 242
1872 235
1876 211
1881 211
1886 194
1891 195
1896 170
1901 166
1906 165
1911 159
1921 130
1926 118
1931 100
1936 95
1946 85
1954 85
1962 73
1968 62
1975 81
1982 175
1990 237
1999 287
La guerre de 1914 – 1918 :
Il n’y a pas eu de front, pas de combats dans la région,
tout s’est déroulé dans le nord et l’est de la France.
Une véritable boucherie, et les familles du coin ont été
hélas durement éprouvées : hommes tués au combat,
revenus mutilés ou gazés, des traces indélébiles pendant
des années et des années, espérant qu’elles ne vivraient
plus jamais ça. Hélas, 20 ans après l’armistice du
11.11.1918, se profilait la guerre de 39.45.
Les résistants guerre de 39.45:
Il n’est pas possible de faire l’impasse sur ces femmes
et ces hommes qui ont laissé une empreinte indélébile
pendant la guerre de 39.45. Chouzelot et Cessey ont été
particulièrement marqués par la bravoure :
-de Louis BARBIER de Cessey,
-de Charles PRILLARD de Chouzelot mort en déportation,
-de France COMPAGNON de Chouzelot revenue des camps de
concentration après avoir subi les pires tortures
-comme Emilienne PERGAUD de Quingey,
-de Henri PERGAUD son mari,
-des époux MERCIER de Cessey revenus tous deux des camps
après des années de souffrance, lui au Struthoff, elle à
Ravensbrück. Le fils des époux MERCIER qui vit à Arc et
Senans, nous a précisé que ses parents étaient toujours
restés très discrets sur l’enfer qu’ils ont vécu.
-Jeanne NELATON de Cessey
-des 16 fusillés à la Citadelle de Besançon le 26.9.1943
dont le plus jeune Henri FERTET avait 16 ans (suivi de
peu par Marcel REDDET 17 ans), et au nombre desquels
faisaient partie Jean COMPAGNON de Chouzelot 21 ans et
deux ouvriers espagnols de Cessey : Saturnino TRABADO et
Balthazar ROBLEDO. Bien que mineurs, Henri et Marcel ont
été fusillés parce qu’ils ont été reconnus responsable
de l’agression commise sur un ennemi. En principe, pour
les mineurs, c’étaient les parents qui étaient arrêtés.
Pour les personnes nées avant, pendant et après la
guerre, cette époque, avec les drames qu’elle a
engendrés, dont nos parents, grand-parents nous
parlaient souvent avec difficulté tant ils avaient été
meurtris, est encore très vive, très présente, dans
notre mémoire.
(voir feuille annexe)
GENERALITES
CESSEY
_________________________________________________
La commune de Cessey
Est une des 335 communes du Doubs
Chiffres 1999
Population : 289 hab.
Superficie : 7.53 km²
Région : Franche-Comté
Département : Doubs (25)
Arrondissement : Besançon
Canton : Quingey
Code INSEE : 25109
Code postal : 25440
Gentilé : Cessois, Cessoises
Densité : 31 ha au km2
Ville la plus éloignée de Cessey : OUESSANT 834,2 kms
Informations géographiques
Longitude Est: 05°55'00'' (deg-min-sec)
5.9167 degrès décimaux
0.103265 radians
Latitude Nord: 47°06'00'' (deg-min-sec)
47.1 degrès décimaux
0.82205 radians
Altitude : 312m
Bord de loue à 270 m
Mont de Cessey et champs du fourneau à 537 m
La Mairie date de 1834 (abritait autrefois l’école et
l’appartement de l’instituteur)
La fontaine date de 1864 avec un bac en fonte, un
réservoir de 400 m3 d’eau
Cessey faisait appel aux notaires de Quingey pour leurs
actes. Voir liste des notaires qui ont officié à Quingey
en annexe.
Les curés de Quingey étaient également ceux de Cessey.
Voir la liste des curés qui ont officié à Quingey en
annexe.
La maison de retraite de Quingey est ouverte bien
entendu aux anciens de Cessey. Voir en annexe le livret
sur les Sœurs de la Charité qui ont administré la maison
de retraite à Quingey de 1861 à 1980. Voir aussi la
nécrologie de Sœur Euphrosine Thourimberg morte à
Quingey en 1909.
Les sage-femmes :
C’est Madame FAGNON de
Quingey et sa fille Jeannette ensuite qui ont mis au
monde des centaines d’enfants à Quingey et dans les
villages du canton, villages limitrophes également. La
Dèdè comme on la surnommait (mère de Jeannette),
exerçait déjà en 1915 puisque c’est elle qui a mis mon
père au monde. Elle partait été comme hiver, de jour
comme de nuit, avec sa charrette tirée par des chevaux.
Sa fille Jeannette a exercé jusque dans les années
1955/1960. Elle faisait ses tournées en 4cv. Tous les
anciens se souviennent de ces 2 femmes extraordinaires
au charisme hors du commun. Je recherche des documents
les concernant, des photos en particulier.
Voir dans le livret sur les cimetières de Quingey :
A droite de la chapelle REGAD, presque au bout de
l’allée, une pierre tombale en forme de petit obélisque
qui menaçait de s’effondrer, consolidé pour ce jour de
la Toussaint 2005, nous en sommes très heureux car c’est
la tombe du Docteur Francis BUHON, médecin à CESSEY,
grand bienfaiteur pour l’Hospice de Quingey.
(né à CESSEY le 10.6.1827, décédé à Quingey le
12.8.1876).
La déviation de Quingey a été inaugurée en juillet
1999. Elle s’est faite sans aucune « douleur »
puisqu’elle n’a donné lieu à aucune expropriation.
Pourquoi Cessey n’a pas eu « sa bretelle ». Tout
simplement pour une question de coût bien entendu.
Rappelons que malgré une pression maximum de
l’association l’ARU (association des riverains et
usagers de la RN83 de Besançon au Jura), il n’a pas été
possible d’avoir une sortie à Chouzelot !!!
Roland PONCET
Né le 6.11.1937 à Byans
Est né de :
Paul PONCET Né en 1898 à CESSEY
(une de ses sœurs s’est mariée avec Hubert Marsoudet
Roland est donc le cousin germain de Claude Marsoudet)
Et de :
Marguerite GIRARD Née en 1903 à Byans
Paul PONCET
Est né de :
Claude PONCET Né en 1856 à CESSEY
Et de :
Stéphanie GRANDGEOT Née à CESSEY
Marguerite GIRARD
Est née de :
Emile GIRARD né à BYANS
Et de :
Elise PAINBLANC née en 1877 à CHARNAY
UN PEINTRE A PEINT L’ABREUVOIR
DE CESSEY AU 19ème siècle
GASSOWSKI Alexandre de,
(GAZOUSKI)
Peintre Né à DOLE le 10.2.1835
Décédé à GRANDFONTAINE en 1895
« Il expose un paysage au coloris éclatant. Que de
jaune, que de vert ! Il y a de quoi désespérer un
perroquet ! Jusqu’à ce pauvre Doubs qui a dû participer
à cette orgie de couleurs : de verdâtre que nous le
voyons toujours, il est devenu bleu sous le pinceau de
Gassowski, mais d’un bleu qui rappelle les eaux du lac
d’Annecy » (SN 1889)
Elève de Monsieur Tabac
Expositions :
Salons 1868-1869
« Nature morte »
« Un modeste déjeûner »
« Huitres et homard »
Des paysages, des portraits, des vues de Besançon
Expositions VB 1889 – 1896
« Vue de Tarragnoz » 1892
« le jardin de la forge à Quingey »
« l’abreuvoir de Chouzelot »
« bords de la Loue à Belle-Rive Lombard »
« abreuvoir de Cessey »
Articles dans « Les Gaudes »
13.1.1889/24.2.1889/29.1.1890/16.3.1892
DB Abbé Brune 1912
PNM Hardouin, Fugier Elisabeth « les peintres des
natures mortes » 1898
DBz Bébézit 1999
Taper Alexandre de GASSOWSKI peintre dans google et
aller dans « fg0001 »
J’ai essayé mais en vain pour l’instant, de retrouver la
trace de ces tableaux, merci à tous les amoureux de
peinture, de me donner tous renseignements utiles à ce
sujet s’ils le veulent bien.
Remerciements
Merci au Comité des Fêtes de Cessey d’avoir organisé
cette soirée et de m’avoir fait l’honneur de me demander
d’y participer activement.
Un grand merci tout particulier à Robert GUINET, à mon
frère Alexandre GUINCHARD, à Monsieur René DEVILLARD.
Merci à Roland PONCET de Quingey avec qui j’ai écrit les
différents livrets dont je redonne la liste ci-dessous.
Sans lui et à sa formidable mémoire, jamais je n’aurais
pu faire ce que j’ai fait. Roland est né à BYANS mais
ses parents étaient de Cessey.
Vous pouvez retrouver sur mon site internet :
http://perso.orange.fr/quingey-dalmau/
de nombreuses infos concernant Quingey, les livrets que
j’ai écrits en collaboration avec Roland Poncet :
• connaissez-vous quingey,
• les cimetières de quingey,
• mini-historique de l’école primaire et maternelle,
• l’abbé coutteret de lombard (1912-1945),
• l’oratoire du dieu de pitié de quingey (1625) et sa
source,
• le prieuré de saint renobert (an 840),
• l’église saint martin (1840),
• les sœurs de la charité à quingey (1861-1980),
• nécrologie de Sœur Euphrosine Thourimberg
• la liste des maires de quingey,
• la liste des prêtres ayant officié à quingey,
• la liste des notaires de Quingey
• les aviateurs morts a lombard le 1.9.1944 a bord de
leur bombardier,
• les fusillés de la citadelle du 26.9.1943 dont
faisaient partie un patriote de Chouzelot et deux
patriotes de Cessey, etc……………….
• Les relevés des monuments aux morts 1870, 1914/18,
1939/45
(livrets à disposition contre le prix de la photocopie
soit 0.20€ le feuillet).
Contactez-moi au :
Tél/fax : 03.81.63.89.40 ou 06.73.37.51.35
ou par mail gabidalmau@aol.com
ou directement par le biais de mon site
La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout
donner au présent
ALBERT CAMUS
Transmis par Rémy DEMOLY le 1.4.07
demolyremy@wanadoo.fr
Visitez son site : http://perso.orange.fr/demoly.remy/
La cancoillotte en patois.
DAS VERS SU IN FROUMAIGE
Las monsieur que sant cousus
D'bés écus
Que grillant dans leut goillote,
Migeant das grous mouchés de lâ
Et de pâ
Et craich'nt su lai canquoillote.
Nous que sans das paysans
Pas pllaisans
Que n'ans point de redingote,
Nous n'ans lâs moi ! pou butin
Que nout pain
Et nout poutot d'canquoillote
Quand en soye jusqu'au soi
Qu'en ait soi,
En boit le vin que piquotte,
Et peu l'en coupe ou chanté
In gousé
Pour mingi lai canquoillote
Las sois d'hivâ quand nous vans
Chû las gens
Aicoutâ ne raicountote,
Nous pouthans nout demé-quart
D'eau-de-marc,
Et nous poutot d'canquoillote.
Quand n'aimi se laisse ollâ
Lai volâ
Dourmir ou champ de cairotte,
Nous vans pllourâ lou défun
Chû queuqu'ûn
D'vant lou poutot d'canquoillote.
Messieurs Y souhaitais bîn
Su vout pain
Lai froumaiger' que trembllotte,
Et que lou chef de Pairis
Eusse aippris
Ai fare lai canquoillote.
Extrait de l'ouvrage : ''LES GAUDES'' poésies patoises
d'Henri BOUCHOT.
Besançon librairie Ch. Marion, Morel et Cie – 1883
Autrefois, le linge n’était pas lavé aussi fréquemment
qu’aujourd’hui. Il était stocké, la lessive était un «
évènement ». Le linge était blanchi à la cendre et
étendu sur le pré.
MES ANCÊTRES
Ils se multiplient tous en remontant les ans
S'évanouissent ensuite dans la nuit des temps.
Leur nombre exponentiel me donne le vertige.
Ils forment une branche, un rameau, une tige,
De plus en plus petits, de plus en plus lointains.
Mais que serait mon arbre sans cet apport sans fin ?
C'est dans cette abondance qu'il vient puiser sa sève,
Dans cet aspect touffu qu'enfin prend corps mon rêve.
Avant de s'en aller, hélas, à tout jamais,
Ils ont pleuré, dansé et ils se sont aimés.
Ils ont connu des joies, des drames, des souffrances,
La famine, le froid, le bonheur, les errances,
Les invasions, la guerre, le progrès et la paix,
Ont manié la fourche, la quenouille ou l'épée,
Se déplaçant à pied, à cheval, en carrosse,
Restant près du clocher ou bien roulant leur bosse.
A travers les époques, les coutumes, les lois,
Avec des empereurs, des présidents, des rois
Du fabricant de drap au maréchal ferrant
Du pauvre journalier au riche paysan,
Ils ont forgé l'Histoire et laissé leur empreinte
Sur une vaste fresque que chacun d'eux a peinte.
Sans se douter, qu'un jour, sur un ordinateur
Leur existence enfin serait mise à l'honneur !
Sans cette chaîne humaine, sans ces précieux maillons
Qu'ils soient en beaux atours ou qu'ils soient en
haillons,
Sans ces vies, ces naissances, ce cycle interminable ( ?
)
Qui n'était pas pour eux toujours très charitable,
Sans ce fil qu'ont tissé maintes générations,
Avec persévérance, avec obstination,
Je ne serais pas là pour leur dire merci.
Oui, ce sont mes ancêtres !.
Peut-êtr' les vôtres aussi ?
Annie ARMAND-NOUVEL
Arrachés
à ce monde et à jamais enfuis,
Nos
ancêtres, hélas, sont perdus dans la nuit.
C'est
pourtant grâce à eux que nous sommes ici.
Être
attentifs qu’un jour ils sortent de l’oubli.
Tendrement,
patiemment et sans aucun répit,
Remonter
le passé, ressusciter leurs vies
Et
les faire connaître aux grands et aux
petits,
Sera
notre façon de leur dire merci.
|
_____________
La guerre de 1870 –
1871
D’après les éléments
aimablement fournis par :
Monsieur MIDOT Bernard
d’Arc-et-Senans
Responsable du Souvenir
Français pour le canton de Quingey
De Monsieur René
PRILLARD de CHOUZELOT
Des internautes de
« racines » et « patrimoine comtois »
Gardien de notre
Mémoire, le SOUVENIR FRANÇAIS, créé en 1887 est
reconnu d'utilité publique depuis 1906. C’est une
des plus anciennes associations privées françaises.
Conservant le Souvenir de celles et de ceux qui sont
morts pour la France ou qui l'ont servie et honorée
avec éclat, il veille sur les tombes et les
monuments, qui, dans les villes et villages, en
France et hors de France, sont là pour rappeler leur
mémoire. Le travail du SOUVENIR FRANÇAIS est
d’autant plus important que les familles de nos
morts pour la France vieillissent (en ce qui
concerne la guerre de 1914-1918 tout
particulièrement), ne peuvent plus se déplacer comme
elles le faisaient… Chaque année de nombreuses
tombes et monuments sont donc rénovés avec la
participation du SOUVENIR FRANCAIS, comme à QUINGEY.
Le Souvenir Français développe aussi et entretient
la mémoire de nos morts pour la France chez les
jeunes par des conférences dans les classes des
collèges.
Extrait du livret écrit
par Gaby DALMAU et Roland PONCET sur les cimetières
de Quingey :
Dans le cimetière du
bas se trouve le monument aux morts restauré, érigé
à la mémoire :
-de ceux qui sont morts
vraisemblablement pendant les différentes
colonisations (les dates de décès vont de 1771 à
1895 – merci à toute personne férue d’histoire de
nous donner des précisions qui s’avéreront fort
intéressantes – nous tenons la liste des soldats
avec les dates, à disposition).
-de la guerre de 1870
au Mont Gardot au-dessus de Chouzelot où des combats
sanglants ont eu lieu entre les soldats de l’armée
du Général BOURBAQUI et les prussiens (25 et 26
janvier 1871). Plus de 100 Français et plus de 100
Prussiens auraient été tués. De nombreux corps n’ont
pas pu être redescendus.
Il y a donc au Mont
Gardot un cimetière non reconnu comme tel mais
symbolisé par deux monuments rappelant cette
bataille, un sur Chouzelot, l’autre sur Vorges.
La croix érigée sur le
monument de Chouzelot avait été faite pour la partie
horizontale, par le fusil d’un combattant. Le fusil
a été volé.
Les corps qui ont été
redescendus, n’ont pu l’être qu’au dégel au mois
d’avril/mai. L’arrière-grand-père d’un habitant de
Chouzelot a participé à ce transport.
Il se dit aussi, que
des femmes seraient parties en plein hiver, sabots
aux pieds pour la Suisse, afin d’échapper aux
exactions de l’ennemi, que les habitants d’Abbans-Dessus
devaient faire le pain pour les Prussiens.
A Quingey, les
Prussiens auraient fait 800 prisonniers. Un
Capitaine Prussien du nom de VON BULOW a été tué au
Mont Gardot et inhumé au cimetière de Quingey.
Jusque dans les années 1950 environ, une famille
Allemande envoyait de l’argent à la Mairie pour
l’entretien de la tombe aujourd’hui disparue. Il y
avait alors au cimetière du bas, « le carré des
allemands » et « le carré des français ».
A Byans, deux tombes de
Prussiens sont toujours entretenues.
Dans le « cimetière du
haut » se trouve le caveau VUILLIER dont un ancêtre
a fait fonction de Maire de Quingey pendant la
guerre de 1870. Les Prussiens lui auraient demandé
une énorme somme en pièces d’or pour ne pas
bombarder Quingey (témoignage de René BLONDEY)
Devant l’église de NODS
(25), existe un monument dédié à la mémoire des
soldats morts à la guerre de 1870. De même à ETALANS
(25).
Résumé de
la bataille du Mont-Gardot à Chouzelot Guerre de
1870/1871
3ème
bataillon du 39ème RI + 25ème
mobile
Les
prussiens venant de Quingey
Les
français venant de Vorges
Gouvernement de la
défense nationale septembre 1870 – février 1871 :
Jules Faure, Jules
Ferry, Jules Simon, Picard et Gambetta sous la
direction du Général Trouchu Gouverneur de Paris.
BOURBAKI :
Né à Pau en 1816
d’origine grecque, il s’est fait une réputation de
bravoure restée légendaire. Il s’est couvert de
gloire en Crimée et en Italie. Il est aimé et admiré
par ses hommes.
Le 29.12.1870 Bourbaki
est à Besançon mais le manque d’organisation et de
coordination est total.
La prise de Quingey par
les prussiens (les gens de Cessey ont dû assister au
déferlement de feu :
Le 23 janvier 1871
de grand matin, l’avant-garde de Bourbaki se met en
route depuis St Vit. A Byans, un train de 400
blessés et malades est en gare. Les français
occupent les hauteurs au-dessus de Quingey mais ils
ont un seul canon et reculent sous la pression de
l’ennemi qui fait 800 prisonniers, Quingey et
Chouzelot sont prises, le pont de Quingey est coupé.
Le 24 janvier,
tous les corps de l’armée de l’est sont réunis
autour de Besançon sauf le 24ème RI qui,
après l’abandon du Lomont s’est replié sur
Pontarlier par Morteau.
Besançon doit être
défendue. Cette ligne de défense passe pour le sud,
par Vorges, Busy, le comice, interdisant la route
venant de Quingey.
Le 25.01.1871 :
1ère
bataille au col à proximité de la Croix de Vorges.
Les français repoussent les prussiens (près du
monument de Chouzelot). Le soir, le 2ème
bataillon relève le 3ème dans ses
positions.
Le 26.01.1871 :
le matin,
escarmouches puis attaque en force des prussiens
l’après-midi. Les français se replient à proximité
du col et résistent en s’appuyant sur les abattis (entassement
d'arbres
abattus
et de
branchages
qui
font
obstacle à l'ennemi).
réalisés la nuit
précédente par le génie.
Suite à la débandade du
25ème mobile, les français se replient
dans la nuit sur Larnod. Ils étaient soutenus par
les tirs d’une batterie d’artillerie située au
lieu-dit « la grange rouge », au-dessus du comice.
Bourbaki tente de se suicider à Besançon. Son armée
est en lambeaux.
Les morts : 32 français
et 81 allemands ont été enterrés au cimetière de
Quingey ou laissés sur place. Ces derniers ont été
relevés après la Loi du 4.8.1873 et transférés au
cimetière de Quingey. Certains, dont au moins un, se
trouveraient encore là où ils sont morts et enterrés
sur place (à « la Rezouse »). Le mort a été
découvert quelque temps après la bataille par un
habitant de Chouzelot (Jules Prillard dit « la
pomme ») qui lui a pris ses bottes. Craignant que le
vol soit découvert par les prussiens, ce qui
n’aurait pas manqué de provoquer des représailles,
il l’avait enterré sur place où il est encore
(anecdote racontée par Gabriel Prillard de Chalèze
qui la tenait de l’intéressé lui-même.
Le fusil fourni aux
soldats français portait le nom de « chassepot » :
Crée en 1866 par
Alphonse Chassepot ce fusil était une arme
supérieure au fusil allemand Dreyse, qui datait de
1848, et dont la portée était de 600 mètres. Il
avait un système à aiguille et était d'une structure
moins complexe que son rival allemand. Pourvu d'un
canon en acier, plus résistant aux charges de
poudres que ceux fabriqués en fer il tirait des
cartouches en papier et en lin graissé de 11
millimètres. La portée du fusil Chassepot était de
1200 mètres. C'est pendant la bataille de Mentana
(opposant les troupes françaises aux garibaldiens)
le 3 novembre 1867 que ce fusil fut utilisé pour la
première fois. Le général de Failly au soir de cette
bataille télégraphia à Napoléon III cette sinistre
phrase restée célèbre "Sire, les Chassepots ont fait
merveille!"
Les prussiens à Cessey
(dictionnaire des communes du Doubs page 607)
En 1871, ce
furent des ennemis que les habitants virent arriver,
et les choses se passèrent moins bien qu’en 1622.
Les allemands donnèrent au maire l’ordre de leur
fournir des denrées et du bétail. Pour éviter un
pillage incontrôlé, le maire s’empressa de
réquisitionner les biens demandés, auprès de
quelques propriétaires. Le coût, pensait-il, serait
réparti plus tard entre tous. Mais en 1876 rien
n’avait encore été fait. Il fut alors convenu que la
commune paierait en six années le capital dû aux
victimes de la réquisition, avec les intérêts.
NB : depuis
Cessey, les habitants ont dû suivre le déferlement
de feu lors de la bataille du Mont Gardot au-dessus
de Chouzelot, qui se trouve juste en face.
QUESTION :
pourquoi la guerre de 1870 ?
Je ne suis pas "fort en histoire", mais je vais
essayer de vous dire ce que je crois en savoir:
L'Allemagne n'existait pas en 1870, il y avait
quelques principautés, divers royaumes etc.. La
Prusse - et plus particulièrement son
chancelier Bismarck - souhaitait unifier tout cela
selon le bon principe teuton : de l'ordre !!
Comment unifier un pays, créer une nation ? En
faisant (et en gagnant) une bonne guerre Madame !
En effet dans une guerre, les citoyens se
rassemblent, le sentiment patriotique se renforce,
une union est plus facile à faire.
Suffisait donc de trouver un adversaire à la taille
de cette ambition et dont on savait qu'il serait
facile à vaincre.
Or l'empire français venait de se taper quelques
guerres, Crimée ou Afrique du Nord, était un peu
affaibli, le pouvoir était contesté, et surtout
l'armement n'était pas concurrentiel avec l'armement
allemand, notamment au niveau artillerie.
Restait à trouver un prétexte pour la guerre. Je
vous laisse découvrir le "kolossal subterfuge" de la
dépêche d'Ems et la façon dont le Ministre de la
Guerre français a déclaré avec un beau mouvement de
menton qu'il ne manquait pas un bouton de guêtre" .
Moyennant quoi on a pris la pâtée à Sedan, et malgré
quelques fait d'armes (Siège de Belfort, bataille de
Reischoffen) on a du capituler.
Mais ça c'est une analyse à posteriori, bien calé
devant son écran. Je pense que nos
arrière-grands-parents ne voyaient pas les choses de
la même manière...
Pour que tout le monde comprenne bien, il faut
préciser que la dépêche caviardée par Bismarck
(chiffon rouge pour le taureau français) avait été
laissée sur le bureau et l'ambassadeur de France a
pu la lire à l'envers pendant une absence volontaire
de son destinataire. Kolossale finesse..maintenant
on dirait intox...
mmaliverney@yahoo.fr
> La dépêche d' EMS.
>
> Le 13 juillet 1870, une dépêche habilement
caviardée par Bismarck
soulève une tempête dans l' opinion française comme
dans l' opinion
allemande. Des deux côtés du Rhin, on en appelle à
la guerre contre le voisin. C' est le
début d' un terrible enchaînement qui va changer la
face de l' Europe jusque-là insouciante et prospère.
Jeanpierre.boudot@club-internet.fr
Puisque l'on parle de la guerre de 1870/71,un roman
peut-être intéressant à lire :
"les dernières chevauchées des vaincus " de yves
Chenut" ,laissons parler Chenut : "l'épopée de mon
propre grand-père pendant la guerre franco-allemande
de 1870-71, Pierre Alexandre Chenut, cavalier au 6e
régiment de hussards avec son cheval, Pégase, un
superbe anglo-arabe, une race qui a des ailes aux
sabots. Ce roman historique se déroule sur la
fin de la guerre franco-allemande de 1870-71, en
Franche-Comté. II relate l'héroïque retraite
des débris de l'armée de Bourbaki après la victoire
de Villersexel et la défaite d'Héricourt, dans la
trouée de Belfort, la traversée des plateaux
jurassiens dans la neige avec des froids intenses,
livrant le dernier combat d'arrière-garde au Fort de
Joux, à quelques pas de la Suisse où elle se réfugia
et sera internée pendant deux mois. Le récit est
loin des glorieuses conquêtes napoléoniennes, mais
plus près de la misère de ces obscurs combattants
qui ont souffert et donné leur vie pour ceux qui ne
faisaient pas la guerre ! Au cours de cette
retraite, Pierre Alexandre sauve Irène, la fille
d'un châtelain. Au milieu des dangers, les jeunes
gens nouent une idylle amoureuse très romantique
mais, hélas, sans issue. La guerre sépare les coeurs
meurtris ! (Yves Chenut)
georges.monnier@neuf.fr
bonjour voila ce que j'ai trouvé sur « google » sur
la guerre en 1870 il y a de quoi chercher
_http://www.google.fr/search?hl=fr&ie=ISO-8859-1&q=guerre+de+1870&btnG=Recherc
he+Google&meta=lr%3Dlang_fr_
(http://www.google.fr/search?hl=fr&ie=ISO-8859-1&q=guerre+de+1870&btnG=Recherche+Google&meta=lr=lang_fr)
cliquez sur le lien, ou faite un copier coller
amitiés
josseline
CEGFC N° 3439
Parfaitamour47@aol.com
De la part
de Jean-Paul MARCHAL
Envoyé : mardi 27 mars 2007 16:48
À :
racines@yahoogroupes.fr
Objet : RE: [racines] appel aux forts en histoire :
guerre de 1870
Tout part de la fameuse « dépêche d ‘Ems » :
La « Dépêche d’Ems » fut le prétexte, sinon une des
causes, de la guerre
entre la France et la Prusse. A l’été 1870, le roi
de Prusse, Guillaume Ier de Hohenzollern, fait une
cure thermale dans la petite ville d’Ems près de
Coblence lorsque, le 9Juillet,
il reçoit la visite de l’Ambassadeur de France, le
comte Benedetti qui, se
faisant le porte-parole de ministres français de
second plan, partisans de
la guerre contre la Prusse, demande que la couronne
espagnole ne soit pas
donnée, comme il en était question, au prétendant
prussien, Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen.
Le 12, Guillaume informe Benedetti que la
candidature prussienne est retirée.
Le parti de la paix, à Paris, s’en réjouit et comme
il compte de hauts
personnages, le Premier Ministre Emile Ollivier,
Thiers et Napoléon III
lui-même, qui souffre alors d’un calcul à la vessie,
dont lesconséquences
seront graves quelques mois plus tard, l’empêchant
de diriger lesopérations
militaires et de prendre les décisions qui
s’imposeront, on crut que l’affaire était classée.
Il n’en sera rien. La pression populaire, surtout à
Paris, et le bellicisme
de quelques ministres et de l’Impératrice Eugénie en
disposèrent
différemment. Non contents de ce succès
diplomatique, ils prescrivent à
Benedetti de demander des garanties contre un
quelconque renouvellement
d’une candidature Hohenzollern.
Excédé, Guillaume rentre à Berlin après un
entretien, cordial et banal,
avec Benedetti, sur le quai même de la gare… et
l’affaire commence.
Bismarck, chancelier de Guillaume et qui, depuis la
victoire de la
Prusse sur les Autrichiens à Sadowa en 1866, rêve
d’asseoir définitivement la
prédominance prussienne sur les pays germaniques en
éliminant
l’influence française, saisit l’occasion et, appuyé
par une grande partie de
l’opinion prussienne encore plus belliciste, imagine
de jeter un brandon sur cette
braise mal éteinte. Sournoisement, il dicte, depuis
Berlin, à son journal préféré :
« Ems, 13 Juillet 1870.
Après que la renonciation du prince Léopold de
Hohenzollern eut été
communiquée au gouvernement impérial français par le
gouvernement royal
espagnol, l’ambassadeur de France a exigé de nouveau
de Sa Majesté le
roi de Prusse l’autorisation de faire connaître à
Paris que sa Majesté le roi
de Prusse, pour tout l’avenir, s’engageait à ne plus
donner sonautorisation si
les Hohenzollern revenaient sur leur candidature.
Sa Majesté le roi de Prusse a refusé de recevoir
encore l’ambassadeur et lui
a fait dire par l’adjudant de service que Sa Majesté
n’avait plus rien à
communiquer ».
Ce texte, qui n’avait aucune valeur officielle, fut
transmis à Paris, en
français, par l’agence de presse prussienne Wolf.
Le contenu de ce qu’on appellera donc « la Dépêche
d’Ems » est en grande
partie mensonger. Pis, la version française,
volontairement sans doute, traduit le mot
allemand « Adjudant », qui signifie « Aide de Camp »
- en l’espèce, le
général prince Radziwill – par « adjudant » qui est,
en français, ungrade
évidemment subalterne de sous-officier.Il s’agit
d’une simple dépêche d’agence, de caractère privé,
transmise de Berlin et non d’Ems et qui contredit
les dépêches officielles de Benedetti.
Hélas, personne n’aura le souci d’aller vérifier…
L’agence française qui relaiera Wolf ajoutera
cependant au texte en
allemand:
« D’après d’autres informations en provenance d’Ems,
le roi de Prusse
aurait fait dire à M. Benedetti qu’il avait
hautement apprécié la renonciation de
son cousin au trône d’Espagne », ce qui était
apaisant.
Mais les Français choisirent de tomber dans le piège
de Bismarck !
Le 16 Juillet 1870, la France déclara la guerre à la
Prusse
Jean-Paul Marchal <
jemarchal@wanadoo.fr
Une réponse plus précise que la mienne précédemment
envoyée vous est
donnée sur Juranautes !
Olivier.
--- Dans
racines@yahoogroupes.fr, "omoine39" <olivier.moine@...>
a écrit :
> D'après ce que je me rappelle de la visite du
musée prussien de
> Bayreuth (Bavière), le résumé d'ouvrage suivant
bien qu'incomplet est
> relativement conforme a ce que j'ai entendu:
>
>
http://rh19.revues.org/document714.html
>
> Il me semble de plus que Gramont modifie une
lettre de Napoléon
> destinée aux Prussiens et que Bismarck la lisant
se fonde sur le ton
> employé pour appeler à la guerre son empereur.
olivier.moine@laposte.net
C'est vrai que c'est pas clair... L'ambition
de Bismarck était de réaliser l'unité allemande et
d'en faire un grand empire industriel. Il poussa
l'Autriche (qui lui faisait de l'ombre) à la
guerre et s'assura de la neutralité de la France
(dirigée par Napoléon III) moyennant certaines
compensations territoriales. Mais au final, Bismark
refusa de donner à la France les compensations
territoriales promises... Les relations n'étaient
donc pas au beau fixe. A ce moment-là, le roi de
Prusse, Guillaume Ier, proposa un prince allemand
(un prince de Hohenzollern) sur le trône d'Espagne.
Napoléon III demanda à la Prusse de renoncer à cette
candidature. Guillaume Ier répondit par une dépêche
(la dépêche d'Ems) refusant poliment, mais la
dépêche fut déformée par Bismarck dans un sens
injurieux et humiliant pour la France. Du coup,
Napoléon III déclara la guerre à la Prusse (alors
que tous ses conseillers et son opposition lui
conseillaient la modération).
En fait, Bismarck a poussé l'Autriche et la France à
la guerre, pour que tous les états allemands se
rassemblent sous le gouvernement de Guillaume Ier et
forment une nation unie et solide... Voilà la
véritable raison.
Françoise
FDennever@aol.com
LA DEPECHE D’EMS (www.google.fr)
Le 13 juillet 1870, une
dépêche habilement caviardée par Bismarck soulève
une tempête dans l'opinion française comme dans
l'opinion allemande. Des deux côtés du Rhin, on en
appelle à la guerre contre le voisin. C'est le début
d'un terrible enchaînement qui va changer la face de
l'Europe, jusque-là insouciante et prospère.
Le spectre de Charles
Quint
L'affaire a commencé en
septembre 1868, quand la reine d'Espagne Isabelle II
(38 ans) a renoncé au trône pour demeurer auprès de
son dernier amant !
Le chancelier prussien
Otto von Bismarck
songe à mettre à sa place un prince allemand. Il
lance le 26 avril 1869 la candidature du prince
Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen.
Émotion à Paris. Pour
Napoléon III et son gouvernement, il est hors de
question que se reconstitue l'union dynastique de
l'Allemagne et de l'Espagne comme au temps de
Charles Quint.
Le 17 février 1870, le
chef du gouvernement espagnol, écrit secrètement à
Léopold pour lui offrir la couronne. Bismarck,
accroché à l'idée de mettre un Hohenzollern sur le
trône espagnol, convainc Léopold d'accepter.
Les maladresses du
gouvernement français
Le 3 juillet, la
nouvelle de la candidature Hohenzollern remonte
jusqu'à Paris.
Le ministre de la
Guerre, le maréchal Leboeuf, assure que l'armée
française, «admirable, disciplinée, exercée,
vaillante», est prête à toutes les
éventualités. Fort de cette assurance, le ministre
des Affaires étrangères, le duc de Gramont, prononce
le 5 juillet devant les députés un discours
inutilement provocateur à l'égard de la Prusse.
Acclamations. On crie : «C'est la guerre!»...
Suspension de séance. Trop tard.
Le mal est fait. La
perspective de la guerre s'est insinuée dans les
esprits. Le roi Guillaume 1er, à ce moment-là, fait
une cure à Ems, une ville d'eau proche de Coblence
et du Rhin. Discrètement, il tente de faire renoncer
Léopold à sa candidature. Finalement, heureuse
surprise, le 12 juillet, le prince Antoine, père de
Léopold, télégraphie au maréchal Prim et à
l'ambassadeur espagnol que son fils retire sa
candidature.
La modération de
Guillaume 1er et de Napoléon III semblent l'avoir
emporté !... A Paris, le chef du gouvernement, Émile
Ollivier, ne cache pas sa joie : «C'est la paix
!»
Hélas, c'est faire fi
de la bêtise de son ministre des Affaires étrangères
et de la rouerie de Bismarck.
Sans en référer à
personne, le duc de Gramont demande à son
ambassadeur d'exiger du roi Guillaume 1er
l'assurance en bonne et due forme qu'il s'associe à
la renonciation du prince de Hohenzollern.
La téméraire manoeuvre
de Bismarck
Le 13 juillet 1870,
l'ambassadeur Benedetti rencontre le roi Guillaume
1er sur sa promenade des sources à Ems. Il lui
demande une garantie pour l'avenir. Le roi lui
propose de le revoir l'après-midi.
Mais un peu plus tard,
Guillaume reçoit une lettre du prince de
Hohenzollern confirmant le retrait de sa
candidature. Il envoie aussitôt son aide de camp de
service en informer l'ambassadeur. Et l'aide de camp
de préciser à l'ambassadeur : «Par là, Sa
Majesté considère l'affaire comme liquidée»...
A Berlin, Bismarck dîne
ce soir-là avec son chef d'état-major von Moltke et
son ministre de la Guerre Roon. Arrive un télégramme
d'Ems qui raconte en termes neutres l'entrevue du
matin entre le roi et l'ambassadeur, la lettre du
prince de Hohenzollern et la visite de l'aide de
camp à Benedetti.
Bismarck et ses amis
sont d'abord déçus de voir l'affaire conclue. Puis,
le chancelier se ressaisit et rédige un résumé à sa
manière du télégramme sans rien retrancher ni
ajouter :
«Ems, 13 juillet 1870.
Après que les nouvelles de la renonciation du
prince-héritier de Hohenzollern eussent été
communiquées au gouvernement impérial français par
le gouvernement royal espagnol, l'ambassadeur de
France a exigé encore de Sa Majesté, à Ems,
l'autorisation de télégraphier à Paris que Sa
Majesté le roi s'engageait pour tout l'avenir à ne
plus jamais donner son autorisation, si les
Hohenzollern devaient à nouveau poser leur
candidature.
Là-dessus, Sa
Majesté le roi a refusé de recevoir encore une fois
l'ambassadeur et lui a fait dire par l'aide de camp
de service que Sa Majesté n'avait plus rien à
communiquer à l'ambassadeur».
Tout y est mais en des
termes proprement humiliants pour la France comme
pour l'opinion publique allemande. Le soir même, la
dépêche est distribuée dans les rues de Berlin. Le
tollé est immédiat. «Comment ose-t-on traiter
notre roi !»
A Paris, le Conseil des
ministres se réunit d'urgence. Dehors, la foule
s'agite et s'en prend à l'ambassade de Prusse. Le
soir même, le ministre de la Guerre rappelle les
réservistes. Le lendemain, Guillaume 1er signe un
décret de mobilisation.
Le 19 juillet
enfin, la France déclare officiellement la
guerre à la Prusse. Elle sortira défaite de
l'épreuve. L'Allemagne en sortira quant à elle
unie sous l'égide de la Prusse, selon les voeux
de Bismarck, mais aussi dangereusement
militarisée, à l'opposé de ses traditions
humanistes.
Question posée par moi
sur
genemil@yahoogroupes.fr
Quelqu'un aurait-il l'ouvrage "historique du 39ème
RI guerre de 1870" ? J'ai
des pages photocopiées du livre en question mais je
n'en connais pas la
provenance, je ne connais pas l'auteur, et elles
sont tellement noires que je
n'arrive à distinguer que des bribes de phrases
par-ci, par-là.
Or, elles retracent la bataille du Mont Gardot
au-dessus de Chouzelot en janvier 1871.
Merci à toutes et à tous. Salutations généalogiques
reconnaissantes.
Gaby DALMAU 25440 QUINGEY
Réponse de
bernard.sonneck@wanadoo.fr
Je ne dispose pas de cet historique particulier,
mais vous pourrez
avoir une idée du parcours du 39ème d'infanterie en
consultant tout
ouvrage traitant un peu en détail des deux campagnes
suivantes :
- première armée de la Loire, de sa formation
jusqu'à la perte
d'Orléans le 5 décembre 1870 ;
- armée de l'Est (général Bourbaki), depuis la
scission de la
première armée de la Loire jusqu'à l'internement en
Suisse le 2
février 1871.
Le 39ème d'infanterie faisait partie de la 2ème
division du 15ème corps d'armée.
2ème mail De
bernard.sonneck@wanadoo.fr
Attention, ne pas confondre : le 39ème régiment
de marche
d'infanterie et le 39ème régiment d'infanterie
étaient deux
régiments différents, sans aucun lien entre eux.
Le 39ème d'infanterie était un régiment de
l'armée régulière,
existant avant le déclenchement de la guerre. Il
est l'un des très
rares régiments d'infanterie de ligne (je crois
qu'il y en avait
deux) de l'armée impériale à n'avoir pas disparu
à Sedan ou à Metz.
Il s'est trouvé tout naturellement affecté au
15ème corps d'armée,
formé à Blois ou Nevers (je ne sais plus bien),
premier des corps
d'armée mis sur pied en province pour tenter
d'aller délivrer Paris
(le 13ème et le 14ème corps, en cours de mise
sur pied avant Sedan,
avaient été dirigés sur Paris et y furent
dissous pour créer les
armées de Paris).
Le 39ème régiment de marche d'infanterie a été,
comme tous les
régiments de ce type, formé en récupérant, dans
les dépôts des
régiments de ligne qui venaient de disparaitre à
Sedan, ou qui se
trouvaient enfermés dans Metz, en récupérant
donc des compagnies
entières ; un même régiment de marche se
trouvait formé de
compagnies provenant de plusieurs dépôts (on
cite le cas d'un
régiment ayant des compagnies de 18 sources
différentes). Les
régiments ont été numérotés au fur et à mesure
de leur constitution,
à partir de 1. Fin octobre ou début novembre,
les 32 premiers
régiments de marche ainsi formés ont été
transformés en régiments de
ligne et ont reçu les numéros 101 à 132.
Le 39ème de marche a été affecté à la 1ère
division du 16ème corps,
qui a fait partie des deux armées successives de
la Loire ; il n'est
donc pas allé dans l'Est avec le général
Bourbaki, contrairement au
39ème de ligne, qui faisait partie du 15ème
corps.
--- Dans
genemil@yahoogroupes.fr, "ymelvins" <ymelvins@...>
a écrit :
>
Ø
Il me semble qu'il est disponible à Vincennes, sous
la cote 4M 46 :
>
> DURAND (commandant), Historique du 39e régiment
d'infanterie de
> marche, Armée de la Loire (1870-1871), 276 p,
entré en 1900.
>
>
http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/02fonds-
> collections/archivdefense/fondterre/pdf/inventaire4m-dat.pdf
>
>
http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/
L'ouvrage que ymelvins vous mentionne ne correspond
pas à ce que vous cherchez, comme je l'ai expliqué
dans ma réponse. Nous en avons confirmation par le
fait que Quingey est dans le Doubs ; nous sommes
donc bien en présence du 39ème d'infanterie (de
ligne), et non du 39ème de marche.
Le temps me manque ce matin pour lire ce que vous
m'envoyez, mais je regarderai cela ce soir.
J'habite dans la "banlieue" de Laval, en Mayenne (à
mi-chemin entre Le Mans et Rennes).
Je vous souhaite une bonne journée.
cordialement
bernard sonneck
Bonjour Bernard,
Merci beaucoup pour vos explications, et pour votre
rapidité à
corriger mon erreur !
Je pense que les documents suivants correspondent
mieux à la
recherche de Gaby (toujours sous la cote 4M 46 au
SHD-Terre
de Vincennes) :
-DESVAUX (capitaine), Historique du 39e régiment
d'infanterie,
imprimerie du 39e régiment d'infanterie, 1890, 412 p
et 96 p de
documents.
-Historique sommaire du 39e régiment d'infanterie,
imprimerie
du 39e régiment d'infanterie, 1889, 79 p.
-Historique du 39e régiment d'infanterie
(1644-1875), non
paginé, entré en 1875.
Cordialement,
Yves
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