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EN HOMMAGE a
L’abbé GERMAIN COUTTERET
Né le 2.11.1912 à Lombard
Martyr de la résistance
Décédé le 3.5.1945
Au camp de ludwigslust (Allemagne)
********
Pour que personne n’oublie, jamais
********
Livret réalisé pour le 28 mai 2006
Date de la Fête des Mères
********
L’Abbé COUTTERET
vouait une immense tendresse
à sa mère qu’il vénérait.
Ses dernières paroles avant de mourir furent pour elle.
Les fusillers de la citadelle
Qui aurait pu imaginer le destin tragique de Germain
Coutteret lorsqu’il naît à Lombard le 2.11.1912 ? Petit
dernier de parents cultivateurs, qui vont l’élever dans
la ferme familiale de Lombard, avec sa sœur Gabrielle
née en 1907 et son frère Jean né en 1908, où les
rigueurs du noble mais dur métier de la terre vont être
atténuées par l’atmosphère de grande tendresse ambiante.
Dans quelques années, lorsque mon petit-fils Philippe
Poncet qui habite Lombard aura grandi, j’aimerais au
cour d’une promenade avec lui dans le village, qu’il me
prenne la main en arrivant sur la place devant la plaque
inaugurée en 2004, et me demande : « Dis, Papy, l’Abbé
Germain Coutteret, c’était qui ? » (la place de Lombard
porte le nom de l’Abbé Germain COUTTERET sur proposition
de Laurent Franchequin, immédiatement adoptée par
l’ensemble du conseil municipal).
Alors, je lui dirais : « Viens, Philippe, entrons à
l’église, nous y serons bien pour que je te raconte
l’histoire dramatique et sublime de l’Abbé Germain
COUTTERET » :
Germain Coutteret est né ici, à Lombard où il a passé
une enfance très heureuse lorsqu’il était un petit
garçon comme toi. C’est dans cette église qu’il a reçu
le baptême, qu’il a fait sa communion. Il travaillait
très bien à l’école et aimait venir prier à l’église,
seul (la maison familiale est juste en face), ou avec
son frère, sa sœur et ses parents qui étaient croyants
et pratiquants.
Germain aimait le catéchisme où il a appris l’histoire
de Dieu, de Jésus le fils de Dieu, de la Vierge Marie la
Maman de Jésus. C’est donc tout naturellement que son
amour pour Jésus et ses capacités intellectuelles, l’ont
conduit à entrer au petit Séminaire de Besançon dès 1924
à l’âge de 12 ans où il fait ses études secondaires
avant d’entrer en 1932 au Séminaire de philosophie de
Faverney (70) ; il y étudie pendant 2 ans.
Après une première année au Grand Séminaire de Besançon
Rue Mégevand, il est incorporé le 29.4.1935 au 155ème
régiment d’artillerie d’où il sort brigadier-chef après
son année de service militaire.
Il reprend alors le cours de ses études de théologie.
Lors de la première mobilisation (épisode de « la guerre
manquée »), il rejoint son unité le 24.9.1938 puis est «
renvoyé dans ses foyers » le 11.10.1938.
Deux mois plus tard, le 17.12.1938, il était ordonné au
sous-diaconat et le 12.3.1939, il était admis au
diaconat.
Il a été ordonné prêtre le 29.6.1939, à la veille donc
de la seconde guerre mondiale qui allait l’entraîner
dans un tourbillon de l’horreur que personne n’aurait pu
soupçonner.
Le 19.7.1939 il reçoit son affectation pour le vicariat
de Scey sur Saône (70), mais un mois plus tard, il est à
nouveau mobilisé au 150ème régiment d’artillerie portée.
C’est dans cette unité qu’il se trouve durant la « drôle
de guerre », et c’est avec elle qu’il passe la frontière
suisse le 18.6.1940 pour être interné militaire.
Il connaît alors les camps d’internement de Gstaad et
Münschenbuchsee puis de Kernenried, avant d’être libéré
et de retrouver son pays natal.
C’est le 1er avril 1941 qu’il est nommé vicaire-économe
de BUFFARD. C’est pour lui un immense bonheur puisqu’il
se retrouve tout près de Lombard, au sein d’une
population rurale qu’il connaît bien et qu’il
affectionne.
L’église est bien calme aujourd’hui mais avant de
poursuivre ce récit au-delà de 1941, je voudrais revenir
sur la première messe célébrée par l’Abbé Germain
COUTTERET le 9 juillet 1939 dans son village natal :
quel regret que des caméras n’aient pu filmer ce qui
s’est passé, le monde qu’il y avait, l’ambiance et
l’intense émotion qui régnaient. La messe est suivie à
midi dans la vaste grange de la ferme familiale,
magnifiquement décorée par les amis de Germain, d’un
repas amical réunissant environ 75 personnes. Anecdote :
dans l’émotion suscitée par la préparation de cette
belle journée, les jeunes qui ont préparé la grange
n’ont pas été invités……..Bien sûr, l’oubli fut vite
réparé !
De 1941 à 1943, en pleine guerre, Germain COUTTERET
exerce son sacerdoce avec un dévouement, une
gentillesse, un amour de son prochain et en particulier
pour les plus démunis, pour celles et ceux que le
chagrin frappe de plein fouet, qui laisse présager une
bonté d’âme et une force intérieure hors du commun.
C’est à cette période qu’il émet un jour le vœu aux
jeunes « Cœurs vaillants » de Buffard qu’il encadre,
qu’une Vierge soit mise à un endroit de telle façon
qu’elle regarde Buffard et Champagne sur Loue. Les
jeunes l’ont fait après la guerre au lieu-dit « La
Founey ». Les initiales des jeunes étaient gravées sur
le socle (elles n’y sont plus pour l’instant
apparemment. Une vérification est en cours).
Bien entendu, en cette période particulièrement
troublée, l’Abbé Germain COUTTERET va être confronté à
des sollicitations de toutes sortes auxquelles il
répondra, pour résister contre l’ennemi.
Le 31 août 1943, alors qu’il dit la messe à Champagne
Sur Loue, il est brutalement arrêté par la gestapo,
emmené en side-car, accusé d’avoir donné une soutane à
un aviateur américain dont l’avion avait été abattu en
Bretagne, aviateur qui essayait de rejoindre la Suisse
mais qui fut découvert par l’ennemi sous ce déguisement.
L’Abbé Germain COUTTERET est incarcéré à la prison de la
Butte à Besançon.
Peu de personnes le savent : un commerçant de Quingey
qui était en relation avec un réseau de résistants de
Besançon, lui-même en relation avec des officiers
allemands anti-nazis, va tout mettre en œuvre pour le
libérer (*). Mais le jour « J », l’Abbé Germain
COUTTERET est en fait conduit par l’ennemi à la gare de
Besançon destination Compiègne (il est enchaîné dans le
train avec Paul Kern de Liesle. Ils se retrouvent avec
le Marquis Lionel de Moustier, Conseiller Général, et
son fils Guy), puis au Fort Saint Denis à Paris pour
déminer les bombes alliées tombées sur la Région
Parisienne et qui n’avaient pas explosé (il le fait
entre autres, avec l’Abbé Paul Parguel Chanoine de
Montpellier).
C’est ensuite la déportation dans des conditions
épouvantables pour l’Allemagne (départ le 21.5.1944 de
Compiègne) et les fameux camps du KL-Neuengamme (arrivée
le 24.5.1944) puis Fallersleben puis Wöbbelin près de
Ludwigslust.
En fait, l’Abbé Germain COUTTERET est décédé au camp de
Ludwigslust (zone soviétique), où l’ennemi a transféré
en catastrophe les prisonniers, à l’arrivée des forces
alliées. (Il s’était promis de faire élever une Chapelle
dans le camp de Wöbbelin si l’évacuation était évitée.
Hélas ! La ronde infernale en train de 6 jours et 6
nuits fin avril 1945, entre Wöbbelin et Ludwisglust sera
fatale à l’Abbé Germain Coutteret).
L’Abbé Germain Coutteret aurait pu s’échapper en
particulier lorsqu’il procédait à des déminages à Noisy
le Sec, où une très grande Dame de la Résistance, de
Quingey : Emilienne PERGAUD qui le connaissait bien,
accompagnée de sa fille Annie, l’a vu.
Mais l’Abbé Germain Coutteret
n’a jamais voulu « abandonner » ses compagnons de galère
qui formaient en fait déjà, sa nouvelle « paroisse ». «
Avant tout, par-dessus tout, il restera le prêtre qui
réconforte, qui relève, qui console, qui absout ».
Car c’est bien l’enfer que va connaître cet homme qui
aimait Dieu de toute son âme, avec ses nouveaux
paroissiens, sans s’occuper de savoir s’ils étaient
croyants et/ou pratiquants, n’ayant pour but que de les
soulager alors que lui-même connaissait les affres de la
faim, de la chaleur, du froid, de la promiscuité, de
l’absence d’hygiène, de la peur, de la maladie, de
l’épuisement, des coups de schlague.
Malgré la faim qui le tiraille, il partage sa maigre
pitance avec ses compagnons d’infortune, n’hésite pas à
intervenir à ses risques et périls auprès des geôliers
pour rendre l’enfermement moins dur, accompagne les
mourants jusqu’à leur dernier souffle.
Il révèle ainsi jusqu’à l’extrême, un trait de son
caractère connu de toutes et de tous depuis son plus
jeune âge : l’amour des autres, « un exemple vivant des
plus hautes vertus sacerdotales et patriotiques ».
Il s’était lié d’amitié avec un cuisinier du camp qui
lui donnait plus que les rations « normales » en
cachette. Mais le cuisinier apprit que l’Abbé Germain
COUTTERET donnait tout aux autres détenus……
Sur le chantier des usines Volswagen, l’Abbé prend la
place de camarades défaillants pour les soutenir dans
l’effort imposé par les bourreaux. Et il trouve
cependant le courage de faire son examen de conscience
tous les soirs en étant d’une extrême dureté envers
lui-même : « ne jamais me plaindre » etc….
Les carnets, écrits de la main de l’Abbé Germain
Coutteret en déportation, au crayon de papier, d’une
écriture révélant le degré de sa faiblesse physique,
difficilement déchiffrables pour certaines pages, sont
un véritable trésor, la preuve des conditions de « vie »
effroyables du camp, la preuve de sa dévotion totale aux
autres. Pour essayer de mieux communiquer avec ses
bourreaux, il écrit un mini dictionnaire de mots usuels
français/allemand et note les numéros matricule de ses
compagnons.
Seule la Grâce Divine peut expliquer que les carnets de
l’Abbé Germain COUTTERET aient échappé aux fouilles et
aient été récupérés à sa mort par Paul KERN qui les a
ramenés à la mère de l’Abbé Germain COUTTERET. Ils sont
aujourd’hui la propriété de son neveu Germain VERJUS qui
demeure à Lombard.
Par la pensée, par le cœur, tout au long de ses mois de
déportation, de souffrance puis d’agonie, l’Abbé Germain
COUTTERET demeurera toujours en son fort intérieur, le
curé de Buffard. Dans son esprit, « l’épreuve qu’il
traverse lui sera utile pour mieux asseoir son apostolat
de demain dans sa paroisse retrouvée ».
Le 19 janvier 1945, il consigne dans son carnet, qu’il
se promet d’ériger dans son église de Buffard, une
chapelle dédiée à Notre Dame de Fatima où il voulait
graver tous les noms des détenus morts dans le commando
dont il faisait partie. En effet, l’Abbé Germain
COUTTERET avait une dévotion pour la Vierge et de toutes
les apparitions de la Très Sainte Vierge à la Terre,
celle à Fatima au Portugal en 1917 l’avait marqué. A
Fatima, la Vierge a montré l’enfer aux enfants : une mer
de feu avec les démons.
Une nuit, il entend des enfants chanter dans son église
de Buffard. Il écrit dans ses carnets : « pendant
sommeil, entendu comme voix d’enfants chantant litanies
(fête des mères) à Notre Dame de Fatima, se trouvant
dans l’église de Buffard, devant le Sacré-Cœur et Cœur
Immaculé de Marie ».
Les dernières paroles de l’Abbé Germain COUTTERET qui a
été veillé 3 jours par ses compagnons, recueillies par
Paul Kern, furent pour la Vierge Marie et sa mère.
Paul Kern a réussi à se procurer un drap par miracle.
L’Abbé Germain Coutteret est enveloppé dans ce drap
comme le Christ dans son linceul (l’Abbé Germain
COUTTERET meurt à 33 ans au même âge que le Christ), et
il est enterré par ses camarades dans une tombe creusée
à part du charnier. Une croix en bois est faite sur
laquelle est écrit :
Ici repose
L’Abbé Germain COUTTERET
Prêtre du Christ, Fils de France
Curé de Buffard (Doubs)
Mort le 3 mai, le lendemain de sa libération,
Victime de la barbarie allemande.
(on dirait aujourd’hui à juste titre : victime de la
barbarie nazie !)
Bien entendu, tout a été fait pour retrouver cette tombe
plus tard mais en vain dans cette partie de l’Allemagne
de l’Est. Cependant, de la terre du camp de Neuengamme a
été rapportée dans une urne déposée à l’église de
Buffard, de la terre qui a vu tant de souffrances
inimaginables ensevelies avec l’Abbé Germain COUTTERET
et nombre de ses « paroissiens » qu’il aimait tant. Nul
doute que s’il avait survécu, l’Abbé Germain COUTTERET
aurait consacré sa vie à ce qu’en aucun cas, une telle
barbarie puisse de reproduire sur terre.
N’a-t-il pas dit : « parmi les hommes, il ne devrait pas
y avoir de différence » (propos tenu devant un compagnon
déporté comme lui : l’Abbé venait de donner sa ration de
nourriture à un jeune russe qui la lui demandait). Un
autre déporté, athée, a dit de lui que c’était un Saint.
Tu sais, Philippe, ce titre il le mérite.
De nombreux témoignages particulièrement émouvants (dans
lesquels j’ai puisé pour te raconter cette histoire),
ont été adressés à la mère de l’Abbé Germain COUTTERET
et à Monseigneur l’Archevêque de Besançon après la
guerre, dont ceux de :
Monsieur Clément VANHOUTTE de Tourcoing, Monsieur le
Chanoine PARGUEL de Montpellier, Monsieur Paul KERN de
Liesle qui parle longuement de l’Abbé Germain COUTTERET
dans son livre « Un toboggan dans la tourmente en
Franche-Comté 1940-1945 », le docteur Jean DEFFIEUX de
Saint Pierre d’Irube (Pyrénées atlantiques), Monsieur
Jean Louis PETER de Raismes (Nord) , Monsieur Georges
CHAVANAZ de DUN SUR AURON (Cher), Monsieur Maurice
GLEIZE de Gournay (Seine Saint Denis), Monsieur Paul
MARIOTTE de Besançon, l’Abbé Jacques BOCA de St Brieux
(Orne), Monsieur Pierre MAURANGE de Bordeaux (Gironde)
« Tu vois, Philippe, un jour tu seras toi aussi un Papa
et ensuite un Papy. Alors, n’oublie pas de raconter tout
d’abord à tes enfants puis à tes petits enfants,
l’histoire de Germain COUTTERET de Lombard, et n’oublie
surtout pas demain matin, c’est la fête des mères, de
souhaiter une bonne fête à ta maman ».
|
Evangile selon Saint Jean
Voici mon commandement :
aimez-vous les uns les autres comme je vous ai
aimés.
(Nul n’a d’amour plus grand que celui qui se
dessaisit de sa vie pour ceux qu’il aime) |
En ce mois de mai 2006 où on célèbre le 61ème
anniversaire de la libération des camps de la mort, mes
pensées vont à tous les martyrs de la résistance,
chargées d’une émotion toute particulière envers Jean
COMPAGNON de CHOUZELOT (fusillé à 21 ans à la Citadelle
de Besançon), sa sœur France COMPAGNON, rescapée des
camps de la mort, Emilienne PERGAUD de QUINGEY rescapée
également mais qui ne se remettra jamais des tortures
subies, Mademoiselle MATHEY-DORET de BUFFARD déportée à
RAVENSBRUCK, Charles PRILLARD de CHOUZELOT (né en 1904),
cultivateur, déporté pour faits de résistance, décédé le
11.11.1944 au camp de GROSS ROSEN en Silésie, des 8
aviateurs anglais et australiens dont les deux plus
jeunes avaient 19 ans, qui se sont crashés avec leur
avion sur une colline de Lombard le 1.9.1944, et bien
d’autres.
Et le rapide oubli, second
linceul des morts
A couvert le sentier qui menait vers ces bords
Alphonse de Lamartine (1790-1869)
Harmonies poétiques et Religieuses (1830)
Je remercie tout particulièrement Germain VERJUS de
Lombard qui m’a remis un certain nombre de documents
concernant son oncle l’Abbé Germain COUTTERET et qui m’a
donné son accord pour écrire ces pages, Mesdames KERN
qui m’ont permis de citer et de photocopier quelques
pages du magnifique livre de leur père Paul KERN « Un
Toboggan (**) dans la tourmente en Franche-Comté
1940-1945», Félix Demange dit « Féfé » et Henri Roy,
tous deux de Buffard (souvenirs de jeunesse),
Mademoiselle Nicole COUTTERET d’Arc et Senans cousine de
l’Abbé Germain COUTTERET, Monsieur Charles ZOCHETTI
Président des Anciens Combattants, Madame la Secrétaire
de Mairie de Lombard, Monsieur Pierre DOLE adjoint au
Maire de Lombard, Mademoiselle Anne-Marie CHANET de
Lombard, Madame Annie PERGAUD/HABERMANN, Monsieur Pierre
MOURTHAUX de Quingey, Gaby DALMAU de Quingey qui a
rédigé ce récit à ma demande, à des fins d’hommage et
non à des fins commerciales. Merci de me signaler le cas
échéant, toute erreur ou omission qui aurait pu se
glisser dans ces feuillets.
Roland PONCET 7 Rue Fin du Milieu 25440 QUINGEY
03.81.63.62.95
(*) Ce commerçant de Quingey allait chercher des
officiers blessés anglais et/ou américains à Besançon
chez un résistant, et les amenait à Quingey dans son
camion. Il les cachait 2 ou 3 jours chez lui avant de
les diriger soit vers Paul Kern de Liesle qui leur
faisait passer la ligne de démarcation, soit vers une
ferme du côté de Buvilly (39). Chez ce commerçant, une
pièce avait été aménagée spécialement avec une porte de
sortie sur une petite ruelle pour permettre aux
officiers de s’échapper en cas de perquisition. Après la
guerre, des officiers ayant réussi à regagner
l’Angleterre, ont écrit à ce commerçant pour le
remercier.
(**) le « toboggan » est le nom que Paul Kern avait
donné à son camion fonctionnant au gazogène (le
combustible était du bois qui dégageait du gaz récupéré
pour faire rouler le camion).
Sont disponibles sur simple demande les livrets que j’ai
réalisés avec Gaby DALMAU à La Toussaint 2005 sur les
cimetières de Quingey et à Noël 2005 sur l’église de
Quingey, livrets contre le prix des photocopies soit
0,50 Euros (3,30 frs) chacun.
Le livret sur l’Abbé Germain COUTTERET est disponible
contre le prix des photocopies soit 0,50 Euros pour le
récit seul, ou contre 6 Euros (39 frs) avec les
documents annexes dont certains réalisés en qualité
photo et les reproductions de photos.
Pour que vive la mémoire.
La Maman de l’Abbé Germain COUTTERET (née BRESSAND),
était la sœur du Chanoine Francis BRESSAND (1872-1938),
Directeur du grand séminaire de Besançon et qui trouva
la mort ainsi que 2 de ses confrères, dans un accident
d’automobile en Côte d’Or, au retour d’un pèlerinage à
Lisieux.
La sœur aînée de Germain était : Gabrielle Marie
Ernestine née le 13.7.1907 à Lombard, décédée le
4.12.1964 à Quingey (épouse de Monsieur VERJUS boulanger
à Quingey).
Le frère aîné de Germain était : Jean Maurice Félicien
né le 25.10.1908 à Lombard, décédé le 19.8.1932 à
Lombard.
Après le décès de son époux en 1924 à l’âge de 64 ans
(elle avait 15 ans de moins que lui), la Maman de
Germain aura la douleur de perdre ses deux fils
prématurément : à l’âge de 24 ans pour Jean Maurice et à
l’âge de 33 ans pour Germain. Il ne se passa pas une
seule journée jusqu’à son dernier jour, sans qu’elle ne
pleure ses fils.
Une partie des carnets de l’Abbé Germain COUTTERET
(malheureusement tous n’ont pas été retrouvés et
ramenés), ont fait l’objet d’une transcription
dactylographiée de 23 pages, pas très nette mais
lisible, à disposition sur simple demande contre le prix
des photocopies soit 0,80 Euros (notes personnelles, le
dogme, carnets numéros 2 et 5). Aujourd’hui, bien des
feuillets originaux ne sont plus lisibles, le crayon de
papier s’étant effacé ; heureusement que la
transcription a été faite alors qu’il était encore temps
juste après la guerre.
Les 16 fusillés de la Citadelle
à Besançon le 26.9.1943 étaient :
(d’après le livre du Docteur Henri BON Croix de Guerre
1914/1918) :
Raymond AYMONNIN de Larnod né le 7.1.1923 à Larnod
Cultivateur 20 ans
(dont la lettre à ses parents a été censurée)
Jean COMPAGNON de Chouzelot né le 24.12.1921 à Chouzelot
Cultivateur 21 ans
(dont la seconde lettre a été censurée)
Henri FERTET de Velotte-Besançon né le 27.10.1926 à
Seloncourt Lycéen 16 ans
Philippe GLADOUX de Fontain né le 10.01.0925 à Fontain
Employé aux tourbières de Saône 18 ans
(dont les lettres à ont été censurées)
Jean Paul GRAPPIN de Beure né le 8.05.1922 à Nancy
Etudiant en pharmacie 21 ans
René PAILLARD d’Aveney né le 1er avril 1925 à Aveney
Cultivateur 18 ans
Paul PAQUERIAUD de Nuits Saint Georges (Côte d’Or) né le
12.03.1908 à Digoin (Saône et Loire)
Entrepreneur de maçonnerie 35 ans
Marcellin PUGET de Boussières né le 6.2.1914 à
Boussières
Cultivateur et ouvrier à la papeterie de Torpes 29 ans
Roger PUGET de Boussières né le 23.01.1921 à Boussières
Cultivateur 22 ans
Marcel REDDET de Pugey né le 17.3.1926 à Larnod Apprenti
mécanicien 17 ans
Gaston RETROUVEY de Boussières né le 20.11.1924 à
Belfort
Employé à la papeterie de Torpes 18 ans
Georges ROTHAMER de Boussières né le 16.3.1919 à
Boussières
Mécanicien en machines agricoles 24 ans
René ROUSSEY de Boussières né le 17.8.1917 à Saint Vit
Instituteur aspirant de réserve 26 ans (dont la lettre a
été censurée)
Marcel SIMON de Larnod né le 20.2.1920 à Larnod
Cultivateur
23 ans – Chef du détachement « Guy Moquet »
Saturnino TRABADO de Cessey, né le 18.9.1911 à
Villadeite Province de Lugo (Galice – Espagne)
Espagnol en exil, Chef de chantier Entreprise de travaux
publics de Larnod 32 ans
Baltazar ROBLEDO de Cessey, né le 12.9.1908 à Cedillo
Province de Caceres (Estramadure – Espagne) Espagnol en
exil, Ouvrier Entreprise de travaux publics de Larnod 35
ans
Ont été fusillés :
à 7H36 : René PAILLARD, Gaston RETROUVEY, Henri FERTET,
Marcel REDDET
à 7H56 : Philippe GLADOUX, Jean GRAPPIN, Raymond
AYMONNIN, Jean COMPAGNON
à 8H10 : Marcellin PUGET, Roger PUGET, René ROUSSEY,
Georges ROTHAMER
à 8H25 : Saturnino TRABADO, Baltazar ROBLEDO, Paul
PAQUERIAUD, Marcel SIMON
Détachement Marius Vallet (issu du groupe Guy Moquet)
Inhumés le jour même aux cimetières de Saint Claude et
de Saint Ferjeux avec défense d’y ériger aucun monument
ou d’y mettre aucune inscription. Mais les tombes des
victimes furent l’objet d’un pieux pèlerinage de la part
de la population de Besançon et des environs et ne
cessèrent d’être couvertes de fleurs.
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