|
41.
STATUE .
SAINT
RENOBERT
Les Gras,
église paroissiale Saint-Renobert
Mois,
polychromie, H. 110
cm
Vie siècle
~1. MH 1957

|
Le Saint évêque,
debout,
enserre la crosse
épiscopale
de
la
main droite
et
présente un
livre
ouvert, tenu verticalement
dans la
main gauche. Les
attributs
étant
d'un
.ordre trop
général,
rien ne permet a priori d'identifier le prélat : ici
l'identification
est liée au
simple
fait que saint
Renobert
est le
patron
de l'église des Gras. On sait
que
le Saint fut
évêque de
Bayeux, patron
de
la
ville
de Caen,
et que
son
culte
était
associé à son
pou-voir
de
soulager les hommes de leurs maux corporels
et spirituels,
guérir
Ies
infirmes
et repousser
les
épidémies
des
troupeaux.
La tradition comtoise
rapporte
que
les reliques
du Saint, menacées par
les
invasions normandes
du IXe
siècle,
furent recueillies
à Quingey après avoir fait une
hypothétique
étape à
l'abbaye
de
Baumeles-Messieurs.
La statue représente un personnage robuste, au
visage carré, au
regard
attentif.
Les vêtements sont
simples,
sans ornement à l'exception du fermail
quadriiobé
qui
retient la chape. Celle-ci,
avec un
pan
ramené
en tablier sur le devant du
corps,
recouvre une robe qui effleure le
sol. De
gros
plis anguleux,
qui sont ici une
marque
tardive
de
l'influence
de
l'art
burgondoflamand,
animent
les draperies.
Faute
d'informations historiques
plus précises, on peut
supposer que les
circonstances
qui ont présidé
à
la création de cette
œuvre sont à mettre en
relation
avec
la première construction de
l'église
qui eut
lieu de 1574
à
1580.
Documentation
Vie des Saints de franche-Comté..., 1854, T. 1,
p. 454,
459.
Exposition
Sculpture et orfèvrerie..., Besançon, 1960, p.
60, n ° 194.
Illustrations
a.
La sculpture de profil avec vue sur les plis.
Cl. 1975.
b.
Statue de face. Cl. 1975. |
 |
D’après un document non signé, remis par :
Madame et Monsieur Bernard MOUREY
propriétaires actuels du Prieuré
(c’est l’arrière-grand-père de Bernard MOUREY qui était
employé à la ferme de Malpas (Hameau de Quingey voisin
de Saint-Renobert),
qui a acheté le prieuré de Saint-Renobert dans la
seconde moitié du 19ème siècle et en a fait une ferme,
tout en gardant les corps de bâtiments tels qu’ils
étaient alors)
Madame et Monsieur Bernard MOUREY m’ont remis également
un livret écrit par
L’Abbé BOILLOT de LIESLE (*) à disposition sur demande
La vie de Saint Renobert est peu connue. Nous savons
seulement qu’il fut un des premiers évêques de Bayeux et
qu’il s’acquit un grand renom de Sainteté, de zèle et de
pouvoir miraculeux.
Il fut inhumé dans l’église de Saint-Exupère voisine de
Bayeux et son corps y fut vénéré pendant au moins deux
siècles.
Il arriva qu’en 846 le vieil édifice était
abandonné, sans ornements et tombait en ruines.
Un pieux Seigneur nommé Hervé fut averti par les Saints
eux-mêmes de placer leurs restes dans un lieu plus
convenable et il les transporta finalement dans l’église
de Saint Sauveur, consacrée en 851, qu’il avait fait
construire sur ses terres aux environs de Lisieux.
Cependant, pendant tout le 9ème siècle, les Normands
multipliaient leurs terribles invasions. Ces hommes
barbares remontaient les fleuves, saccageant sur leurs
rives et dans le voisinage : les villes, les églises,
les monastères, et égorgeaient sans pitié les malheureux
habitants. Ceux qui voulaient échapper au glaive
s’enfuyaient au loin avec ce qu’ils avaient de plus
précieux : pour les religieux et les clercs, c’était
avant tout les Saintes Reliques.
C’est ainsi que les ossements de Saint Renobert furent
soustraites aux profanations et emportées vers nos
régions.
Une portion notable des Saintes Reliques fut apportée à
Quingey et ces reliques furent l’objet jusqu’à la
Révolution, d’un culte célèbre. Les Reliques
consistaient d’après une reconnaissance de 1739 en un
occiput, deux pariétaux, deux os suraux, une partie de
coronal, un humérus, un os de jambe, deux fémurs et un
péroné (Jean-Simon MAIRE – Observations générales sur le
baillage, le domaine et la ville de Quingey 1769).
Dans son « Histoire manuscrite de la ville et de
la familiarité de Quingey », l’Abbé Roze rapporte que
Charles le Chauve, voulant procurer les secours
religieux aux habitants de Quingey, y appela quelques
moines de l’Abbaye de Beaune. Les moines s’établirent à
mille pas environ au midi de la ville, auprès d’une
belle source formant un fort ruisseau. C’est à eux
qu’échut le Saint Dépôt et le lieu prit en conséquence
le nom de Saint Renobert qu’il porte encore.
Nous parlerons spécialement aussi dans la suite, de
l’église et des bâtiments de Saint Renobert. Mais il
convient de signaler tout de suite sous le vaisseau de
l’église, à main gauche, un oratoire voûté à berceau,
fort simple et sans ornement, semblable pensons-nous,
quoique de dimension moindre, à la chapelle dite du
Seigneur dans l’église de Mesmay.
Je croire, dit Jean Simon MAIRE, que la-dite voûte est
l’oratoire construit à l’arrivée des reliques et que
c’est dans cet oratoire qu’elles furent mises en terre
suivant la coutume de ce temps-là. L’Abbé Roze confirme
sans hésiter ce que supposait seulement l’historien son
prédécesseur.
Cet oratoire primitif n’a donc rien de commun,
contrairement à ce qu’un correspondant mal informé a
fait écrire à Monsieur le Chevalier Pidoux avec
l’oratoire du Dieu de Pitié qu’on voit sur l’ancien
chemin de Quingey à Saint Renobert un peu plus loin que
l’hôpital actuel.
Jean de Molombe, familier de Quingey puis curé de
Dampierre, étant venu finir ses jours audit Quingey son
lieu de naissance, fit construire ce modeste monument en
l’honneur de « Dieu de Pitié et de sa Sainte Couronne ».
Nos auteurs ajoutent que les Saints Ossements de Saint
Renobert, furent levés de terre vers 1100 et exposés
dans une châsse derrière le maître autel, au fond du
sanctuaire de l’église.
Ces reliques étaient cachées à tous les regards dans une
boîte de plomb.
En plein 18ème siècle, il n’y avait plus de trace de
monastère. On voyait seulement le logement du
commendataire, l’église, l’habitation du meunier et le
moulin.
La maison du Prieur n’était qu’un pied à terre placée du
côté du vent, au joignant de l’église. Elle se composait
de 2 chambres au rez-de-chaussée et de 2 à l’étage où
l’on montait par des escaliers de pierre enfermés dans
une tour carrée.
Il y avait dans le moulin un martinet pour la
fabrication des outils de culture, mais en 1769, ce
n’était plus qu’une ruine.
Jean Simon MAIRE qui écrivait ces détails avait encore
vu à quelque distance devant l’église, une étable et des
grangeages, mais à leur place, existait alors un jardin.
L’église orientée au levant d’hiver, se composait de 3
parties.
La première au couchant comprenait la façade et 3 nefs.
Tout en voyant cette façade, l’Abbé Leboeuf d’Auxerre
s’était écrié que l’église était du 10ème siècle.
Il y avait une porte d’entrée à chaque nef.
Celles des bas-côtés dont une subsiste, étaient
accostées chacune de deux colonnes et leur linteau
portait des entrelacs de bon goût.
La porte du milieu avait aussi de chaque côté une
colonne soutenant une arcade cintrée sur laquelle
reposait la statue du Saint.
Deux rangs de piliers ronds réunis par des arcs à
plein-cintre séparaient les nefs.
A l’origine, la charpente du toit avait dû être
apparente mais, dans la suite, on avait divisé la
hauteur du vaisseau par un plancher.
En 1769, cette première partie de l’église ne servait
plus qu’à héberger des fourrages et à loger le bétail.
Un mur massif séparait les nefs de l’avant-chœur ou
transept, l’ancien chœur des moines.
Le clocher, de forme carrée, reposait sur ce mur et sur
la voûte du transept et il ne s’élevait que de 4 à 5
pieds au dessus du toit.
Une porte s’ouvrait dans le mur au bout de chaque nef
mais les deux latérales avaient été murées et l’on
n’entrait plus que par celle du milieu dans le transept
en forme de carré-long qui s’étendait de bise à vent.
On voyait deux autels, l’un à droite et l’autre à
gauche.
Le sanctuaire, troisième et dernière partie de l’église,
était éclairé par trois vitraux de diverses couleurs.
Les reliques de Saint Renobert y étaient conservées
comme nous l’avons dit, furent transportées en 1790
après la vente du prieuré par la nation, dans l’église
paroissiale de Quingey.
Au temps de la terreur, cette église fut elle-même
vendue par la municipalité pour être démolie.
Alors les Saintes Reliques disparurent sans que
personne, au rétablissement du culte, ait pu dire ce
qu’elles étaient devenues.
L’Abbé Lallemand, curé de Quingey de 1832 à 1848 a écrit
dans ses mémoires qu’à cette époque, la paroisse
possédait encore la châsse en bois qui les avait
renfermées.
Depuis, elle a disparu elle-même, comme la dernière
épave d’un naufrage complet.
LES PRIEURS DEPUIS L’UNION AVEC JUSSAMOUTIE
Aymon de Baume en 1410
Pierre Bontemps en 1494 décédé en 1532
Antoine Marmier en 1537
Jacques de Saint-Maurice en 1550
Charles de Saint-Moris en 1613
Luc de Chassagne en 1628
Claude Richardot en 1639
François Marlet, Pierre Marlet puis Pierre-François d’Eternoz
qui eut pour successeur son neveu, Alexandre-Hermenfroy
d’Eternoz dernier titulaire.
(*) Le CHANOINE JEAN OCTAVE BOILLOT est né à Glamondans
le 6.5.1853. Il est décédé à Quingey le 3.4.1940. Il est
enterré dans l'église de Liesle.
Il a été vicaire de Quingey en 1877, curé de By de 1892
à 1937 supposé curé de Liesle de 1937 à 1940
(l'archevêché pourrait préciser).
C'était un savant, un érudit qui a effectué des
recherches historiques et généalogiques dont il a fait
part à l'Abbé LETONDAL d'ARC ET SENANS qui a écrit "Arc
et Senans à travers les âges".
Le Chanoine BOILLOT avait bien créé un arboretum à
Liesle avec des plantes et des essences rares, jardin
hélas aujourd'hui à l'état d'abandon, toujours appelé
"le parc du curé". Il avait aussi une vigne.
Il éditait un bulletin paroissial avec une chronique
historique très documentée.
JUSSAN MOUTIER :
Voici ce qu'en dit Jules de Trévillers, dans son "Sequania
Monastica"
Cette abbaye, fondée dans la première moitié du VII
ème siècle par Flavia, mère de St Donat, et sa fille
Sirude, fut au dire de Mabillon, le premier
monastère de femmes qui reçut en France la règle de
saint Benoît.
Elle était située au pied de la Citadelle, à
l'emplacement de l'actuelle caserne de gendarmerie.
St Donat rédigea pour elle une règle tirée de
celles de St Colomban, de Césaire d'Arles et de St
Benoït. Ruinée sous l'épiscopat de Félix de Tétrade,
elle fut confiée vers 750 à des religieux
bénédictins, gouvernés par un prieur, tout
en continuant à porter le titre d'abbaye.
Par la suite elle fut soumise à l'abbaye de Baume
les moines et passa pour un temps à Cluny, qui la
réduisit en prieuré. Celui-ci fut longtemps
prospère, mais à la fin du XVI ème siècle, il n'y
avait plus que les religieux nécessaires à la
desserte de son église devenue paroissiale dès les
premières années du XII ème siècle.
En 1607, Jussan Moutier fut cédée aux Pères Minimes
et son titre de prieuré rural fut transféré à St
Renobert de Quingey avec les revenus
qui en dépendaient. Ceux ci furent donnés au
Séminaire de Besançon en 1668.
Christian Monneret « Racines en Franche-Comté »
|