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Livret réalisé pour la Toussaint
2006
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Comme nous l’avions précisé l’an dernier dans notre livret réalisé
pour la Toussaint 2005 sur les cimetières de Quingey : « A gauche de
la chapelle REGAD (cimetière dit du bas), une tombe bien modeste
surmontée d’une croix en fer forgé peint en blanc, est la tombe des
Sœurs de la Charité de l’Hospice DORNIER (ou maison de retraite de
Quingey).
La dernière sœur enterrée à cet endroit en 1909 (décédée à Quingey le 15 mars à l’âge de 59 ans après 42 ans de vocation),
s’appelait Euphrosine THOURINBERG, elle était entrée dans les ordres
à 17 ans. Quand les sœurs qui ont longtemps travaillé à l’Hospice de
Quingey sont parties, elles ont fait promettre que la tombe du
cimetière du bas serait entretenue. Merci à Gilbert BOURGIN d’avoir
restauré la croix qui se cassait, d’avoir nettoyé le plat et mis du
gravier au centre, et à la personne de Quingey qui veille à fleurir
la tombe tous les ans à La Toussaint. Ce serait bien que cette
démarche soit perpétuée et que la tombe ne soit pas anonyme, qu’une
plaque soit apposée » |
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Cette plaque qui sera bénie prochainement, composée gracieusement
par une graphiste du canton et réalisée gracieusement par un artisan
Quingeois, nous les remercions chaleureusement, nous l’avons posée
avec l’accord de Monsieur le Maire et Conseiller Général Jacques
Breuil.
Sœur Euphrosine THOURINBERG est née à CLERVAL. La Mairie de Clerval
que nous remercions nous écrit le 2.2.2006 : « …….notre état civil
ne débute malheureusement qu’en 1850. Mais les familles THOURINBERG
(ou THORIMBERG, THOURIMBERG), sont connues à CLERVAL dès le 17ème
siècle. Des recherches plus approfondies en particulier aux archives
départementales permettraient d’en savoir plus. Un appel sur le
réseau internet « racines en franche-comté » n’a pas permis de
retrouver pour l’instant, une descendance des frères et sœurs, des
oncles et tantes de Sœur Euphrosine, si elle en avait.
Mais la tombe n’est donc plus anonyme et c’est pour nous un immense
soulagement pour ne pas dire un immense bonheur. Cette plaque n’est
pas en marbre faute de moyens mais elle est porteuse d’une infinie
reconnaissance et de beaucoup d’affection, pour toutes ces Sœurs
qui, pendant 119 ans à Quingey (1861-1980), ont tant fait pour les
malades, les personnes âgées, les indigents.
Nombre d’entre nous se souviennent parfaitement de Sœur Marie-Renée,
entre autres, parcourant Quingey de son pas alerte, un sourire
lumineux éclairant son visage sous sa cornette immaculée malgré la
fatigue, la chaleur, le froid, un mot d’encouragement toujours aux
lèvres pour celles et ceux qui étaient frappés par la maladie, la
souffrance.
Peu d’entre nous le savent, mais en 1962 lors du drame de l’Algérie,
deux familles pied-noires ont été logées à Quingey par leur
employeur respectif dont l’EDF. Ce sont les Sœurs qui les ont
accueillies avec Charles BELLE alors Maire de Quingey, avec une
gentillesse et une délicatesse qui font encore aujourd’hui monter
les larmes aux yeux de ces deux familles arrivées avec simplement ce
qu’elles avaient sur elles et une minuscule valise de vêtements
légers, à la veille d’un hiver très rigoureux alors qu’elles ne
connaissaient que la chaleur d’un pays toujours ensoleillé.
Les Sœurs et le Maire ont veillé à ce que des meubles soient mis à
leur disposition et installés, du linge de maison, des ustensiles
pour faire la cuisine etc….., et un joli bouquet de fleurs avait été
posé sur la table de la salle à manger.
Grâce aux Sœurs, ces deux familles déracinées, ont toujours gardé
pour Quingey une grande tendresse. Quingey est resté leur village
d’adoption même pour celles et ceux qui sont partis à Besançon,
Montpellier après Paris etc…. Il reste une seule personne à Quingey
de ces deux familles, elle se sent totalement Quingeoise.
Nous parlerons dans un prochain livret dédié aux grandes figures de
la résistance à Quingey et villages proches pendant la guerre de
39.45, du rôle que les Sœurs de la Charité de l’hospice de Quingey
n’ont pas manqué de jouer pendant cette période.
Chacun sait que bien au-delà de Quingey, la Congrégation des Sœurs
de la Charité a su répandre pendant des siècles, amour et soins
attentifs.
A cet effet et avant d’en revenir à la présence des Sœurs de la
Charité plus spécialement à Quingey, il est particulièrement
intéressant de se poser cette question : mais qui sont-Elles ???? La
réponse vient de leur fondatrice :
CHARITE DE SAINTE JEANNE ANTIDE THOURET
Jeanne Antide THOURET, une grande figure Franc-Comtoise, une femme
d’audace !
Vierge, fondatrice des Sœurs de la Charité de Besançon
(1765 Sancey le Long (Doubs) – 1826 Naples Italie)
Canonisée par l’Eglise en 1934
Modeste fille de la campagne, Jeanne Antide THOURET a connu un
destin extraordinaire dont le rayonnement s’étend aujourd’hui sur 4
continents. En cette fin du 18ème siècle, sa vocation religieuse
l’oriente d’abord chez les filles de la Charité de Paris. La Terreur
et la dissolution des congrégations religieuses la conduisent à fuir
avec d’autres sur les routes d’Allemagne d’où elle revient seule, à
pied, mendiant son pain à travers la Suisse. Une accalmie dans la
tourmente révolutionnaire lui permet de rentrer en France à
Besançon, où son souci des enfants sans instruction et de tant de
gens dans la misère, la pousse à ouvrir des écoles et à organiser «
le bouillon des pauvres ». Commencée avec quelques jeunes compagnes,
son œuvre grandit très vite en France, en Italie, où elle meurt en
1826 après avoir planté un arbre dont les rameaux ne cessent de
s’étendre à travers le monde. Femme au cœur brûlant de l’amour des
pauvres, des faibles, des marginalisés, elle a lutté toute sa vie à
travers les vicissitudes politiques et religieuses, contre les
obstacles de toute nature, les oppositions, les étroitesses, le
gallicanisme, toujours en faveur de la justice, de la dignité
humaine, de la reconnaissance du droit des personnes. En butte aux
contradictions du pouvoir politique ou religieux, elle n’a jamais
baissé les bras quand il s’agissait de l’amour des pauvres et de la
Gloire de Dieu. Novatrice pour son époque, forte d’une Foi
invincible, profondément éducatrice et libre, elle a formé des
femmes de caractère capables de s’affirmer dans une société qui leur
laissait peu de place. L’odyssée extraordinaire de cette
Franc-Comtoise aussi attachante que créatrice, force l’admiration.
Ses orientations et l’esprit avec lesquels elle accueille et répond
aux problèmes de son temps peuvent traverser les siècles et inspirer
des réponses au temps actuel, tout comme ils ont déjà traversé les
mers. L’audace contagieuse de son amour rejoint 25 pays de la
planète et bientôt 26 pour « la plus grande Gloire de Dieu et
l’amour des hommes ». (sur internet taper dans « google » : sœurs de
la charité besancon)
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Les sœurs de la
Charité de Quingey ont parfaitement suivi la voie tracée par leur
fondatrice.
La Sœur archiviste de la Congrégation à Besançon, nous a fait
parvenir le texte suivant concernant l’histoire de l’hôpital de
Quingey (devenu hospice puis maison de retraite), à partir des
recherches personnelles qu’elle a effectuées, nous la remercions
chaleureusement :
« Hippolyte DORNIER (1792-1829), ex-officier de cavalerie légère et
propriétaire du hameau de Malpas proche de Quingey, lègue en 1819 à
la ville de Quingey, son auberge « l’Ecu de France », pour fonder un
hôpital communal. L’hospice est ainsi bâti, sous la direction de
l’architecte bisontin Painchaux en 1855.Seront ajoutés : en 1876 des
dépendances, en 1887 un lavoir, en 1899 un séchoir.
La tombe du donateur, a été rapatriée à l’entrée de la nef de la
chapelle interne de l’hospice, lors de la fermeture du cimetière
Sainte Anne en 1929. Un vieux Christ en bois du 14ème siècle
provenant de l’ancienne église Saint Martin est accroché à droite de
l’autel avec à sa gauche, une superbe statue de Sainte Anne en bois
polychrome, autrefois à la Chapelle des Dominicains.
Un autre bienfaiteur a été le Docteur Francis BUHON de Cessey
(1827-1876) dont la tombe existe toujours au cimetière du bas de
Quingey (nous en parlons dans notre livret sur les cimetières de
Quingey réalisé pour la Toussaint 2005. Nous sommes ravis de voir
que la tombe a été rénovée, la pierre consolidée).
Jean-Claude-Etienne TONNOT, médecin et juge de paix à Quingey
(1766-1836), s’est beaucoup occupé de l’établissement et un
obélisque à sa mémoire est installé dans la cour d’honneur de la
maison de retraite (Ce superbe obélisque aurait besoin d’être dégagé
et restauré très vite maintenant. Sur la partie basse, une plaque en
marbre a été scellée, elle porte le nom du Docteur Buhon).
Dès 1459, Quingey avait son propre hôpital du Mont Carmel et de
Saint Jean de Jérusalem terminé en 1533. Il avait été fondé par Jean
de Montagu. En 1696, cette maison à la fois asile et maladrerie, a
été remise à l’hôpital Saint Jacques de Besançon. Les Quingeois
pouvaient cependant y être admis avec un billet du Maire.
En 1966, l’établissement Hippolyte DORNIER est converti en maison de
retraite cantonale. »
De 1861 à 1969 date à laquelle a été inaugurée l’hospice « trois
étoiles » le plus confortable de la région (voir article EST
REPUBLICAIN du 25.6.1969), les Sœurs de la Charité ont travaillé
dans des conditions très éprouvantes qui forcent l’admiration.
Un ancien de Quingey se souvient des 15 fourneaux qu’il fallait
allumer tous les jours par temps froid. Messieurs Martinez et Lopez
(dans les années 50, faisaient le bois nécessaire dans les bois de
l’hospice et c’est Monsieur Bergier (père), qui le transportait).
Il se souvient aussi des immenses dortoirs de 20/30 lits séparés par
des rideaux, et des douches destinées aux résidents mais aussi à
tous ceux de Quingey qui voulaient y aller….
De 1969 à 1980 date de leur regretté départ, les conditions de
travail des Sœurs de a Charité ont été moins pénibles mais elles ont
su mettre à profit le temps gagné à plus de disponibilité pour
apporter du réconfort à celles et ceux qui en avaient le plus
besoin.
A toutes un immense, immense MERCI
Toujours grâce à la Sœur archiviste des Sœurs de la Charité de
Besançon, nous tenons à la disposition de celles et ceux qui le
souhaitent, la liste des Sœurs de la Charité qui se sont dévouées à
Quingey de 1861 à 1980 avec la date et lieu de naissance, date
d’entrée en religion, date et lieu de décès et lieu d’inhumation,
date de présence à Quingey et fonction.
"Donner un sens à sa
vie par le souci des autres"
Mère Térésa
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Courriel de Soeur Christiane Marie archiviste des Soeurs
de la Charité de Besançon du 3.3.2007 :
Lorsque nous évoquions Soeur Thourimberg au moment de La
Toussaint, il ne m'est pas venu à l'idée de retrouver sa notice
nécrologique rédigée comme pour toutes les soeurs à son décès.
En recherchant celle d'une autre soeur pour une parente, je
trouve à la même page, celle de Soeur Euphrosine ! Je l'ai
scannée, et je vous en envoie un exemplaire pensant qu'il
pourrait vous intéresser, ne serait-ce que pour compléter le
dossier. Recevez Chère Madame, mes toujours bien amicales
salutations.
13. — Soeur
EUPHROSINE THOURIMBEEG, née à Clerval
(Doubs), décédée le 15 mars, dans la 60e année de son
âge et la 42e de son entrée en religion..
Notre bonne Soeur Euphrosine apporta au noviciat tout
l'entrain de ses dix-sept ans. Deux ans après, elle arrivait
à Quingey, et on la chargeait de la cuisine.
La guerre de 1870 trouva la jeune religieuse à la
hauteur d'une
tâche bien difficile. En effet, à la suite du
combat de Montgardot, l'hospice regorgea de blessés
français et prussiens. Il en avait partout, disait-elle
dans les salles, dans les corridors, dans la chapelle, dans
la cuisine. Pour comble de malheur, toutes ses consoeurs
tombèrent malades. Seule elle restait debout, mais seule
elle suffit à tout. Grâce à son savoir-faire, à son zèle, à
son dévouement, grâce aussi à sa robuste constitution,
elle put non seulement soigner les Religieuses, mais elle
put assurer entièrement le service de l'hôpital. C'était un
beau début. Pendant les quarante années qui suivirent, le
zèle de notre chère Soeur ne se ralentit pas un instant.
Levée avant l'heure, afin de pouvoir accomplir ses exercices de
piété,
elle organisait,
suivant les saisons, tout ce
qui touche au matériel de la maison. Elle était dévouée et
sagement économe,
afin de ne pas
gaspiller le bien despauvres.
Sa maladie fut relativement courte, et si on peut lui
appliquer cette parole: " Elle a passé en faisant le bien ",
on peut aussi ajouter cette autre : "Elle est morte sur la
brèche" En effet, minée par une maladie de coeur, elle
n'en continuait pas moins à faire la cuisine de ses pauvres
vieux. Même, quelques heures avant d'aller recevoir la
récompense accordée à toute sa vie sanctifiée par la charité,
elle donnait
encore à son aide-cuisinière les indications
nécessaires à
l'accomplissement de son office. Munie
des derniers sacrements, elle s'endormit pieusement dans
le Seigneur. Ses obsèques furent un .vrai triomphe.
C'était un acte de reconnaissance solennel et public envers
l'humble religieuse qui s'était sacrifiée pendant quarante
deux ans au service du prochain pauvre et délaissé. Le
Maître, qui considère comme fait à lui-même ce que l'on
fait aux plus petits des siens, l'aura accueillie avec joie,
nous en avons la douce confiance.
Gabrielle DALMAU 26 Rue Calixte II – 25440 QUINGEY
03.81.63.89.40/06.73.37.51.35/gabidalmau@aol.com
site internet : dans « google » taper : dalmau-quingey
(site en cours de construction pour certaines rubriques du menu)
Roland PONCET 7 Rue Fin du Milieu – 25440 QUINGEY - 03.81.63.62.95
Ce livret est disponible sur simple demande contre le prix des
photocopies à savoir 60 centimes d’Euros.
Autres livrets réalisés (d’autres sont en préparation) :
Les cimetières de Quingey, l’église Saint-Martin de Quingey, le Dieu
de Pitié, le groupe scolaire Charles Belle, l’Abbé Coutteret,
Connaissez-vous Quingey, le Prieuré de Saint-Renobert.
Demandez-les. Ils sont aussi consultables à la bibliothèque de
Quingey.
Listes : maires ayant administré Quingey, curés ayant officié à
Quingey, relevés monuments aux morts |